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  • : les z'élucubrations de la Brigade Geffroy
  • : Retrouve nos commentaires décalés mais sérieux sur les évènements du grand almanach, ... et un peu des nôtres, aussi.
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1 juillet 2007 7 01 /07 /juillet /2007 22:25
C'est un évènement, avec un grand E.
Que dis-je, un évènement national. Tellement grand, que notre nouveau tramway (prononce tran-ouè, ... comme notre maire) sera inauguré, par le président de notre république, dont c'est le moisiversaire. Eh vouai, ça fait un mois qu'il est en place !
Et en tant que bon marseillais qui se respecte, tu peux pas faire l'impasse d'aller faire ton curieux et tester le nouveau tramway (prononce tran-ouè, t'as oublié ou quoi ?), le tram quoi. Et pas dans une semaine. Non, le premier jour !
Enfin un vrai sujet de discussion stérile. On va pouvoir en parler, chuchotter, jacasser pendant des heures, sans faire avancer le tran-ouè ! Faut pouvoir alimenter la faconde naturelle dont nous, bon marseillais, sommes dotés !
Parce que j'entends ça et là aux infos, sur les radios parisiennes : "une nouvelle ville, se dote aujourd'hui d'un tramway. Marseille ouvre au public ce matin son tramway, …" Y sont cons ses journalistes. Oh, jobastres ! On l'a toujours eu nous le tran-ouè. Le 68, y s'est jamais reposé, lui ! Combien de bicyclettes, combien de Solex se sont cassés la gueule dans les rails, sur le boulevard Chave ? Alors, hein ! À l'époque où c'était plus à la mode d'avoir un tram en fonctionnement, nous on a su garder le nôtre, le dernier parce qu'il fut un temps que j'ai pas connu mais que mes parents, si, t'y as compris ? Un temps où tout Marseille était desservie par ces machines sur rails. T'y as bien entendu : Marseille.
La mode du bus lui a fait de l'ombre. Plus maniable, plus agile, plus court, plus haut, plus chaud, plus bruyant, plus polluant, puis un beau jour on te dit que c'est le moyen de transport urbain le plus économique. Il n'en fallait pas temps pour que tout le monde s'en prenne un ! Grenoble, Nantes, Bordeaux, Nancy, Lyon, Brest, et même Paris. Y z'ont 153 lignes de métro, et y se sont fait un tran-vé. Là-bas, ça ce dit comme ça.
Alors, bon pied, bon œil, on va faire les curieux.
Comme on arrive à la station, il arrive. Putain, y z'ont rien à faire les gens ou quoi ? C'est bondé ! Et on est qu'à Foch-Boisson ! Qu'est-ce ça va être aux Réformés !
Bon, tant bien que mal, on s'engouffre dedans. Esquichés comme des sardines, y referme les portes et enquille la première. Il est à cran ! Ça boulègue au démarrage, je te dis pas. Si tu te tiens pas tu chavires, mais là, y a tellement de monde, que tu te tiens à ton voisin ou zine, un peu comme dans le métropol'tain par'sien aux heures d'pointes. Y a même eu à un moment, où une jeune femme moyennement belle mais estivalement vêtue, qui s'est tournée vers le bonhomme derrière elle, et lui dit :
-       -   Dites môssieu, ça fait ¼ d'heure que vous me touchez les fesses !
Et le mec, qui lui répond, tranquille :
-       -   Et alors, ça vous plait plus ?
Les fenêtres ne s'ouvrent pas, c'est des baies vitrés fumées. Y parait qu'y a la clim ! Tant mieux, parce que y en qui sont en forte déliquescence d'avec le syndicat de l'eau et des savonnettes. C'est le tram du peuple à cette heure avancée de la matinée. Le savant de Marseille n'a pas encore sorti sa formule ! Cling-cling la voix off et pas énervée, t'indique que tu es aux Cinq Avenues. Dès fois que tu te sois endormi. Remarque, elle est tellement off la voix, que si tu dors, tu manques les Cinq Avenues !
Attention au départ, cabrage, en route vers Longchamp. Depuis les travaux, j'étais plus passé par là. Même en moto, où je passe partout ! Le boulevard Longchamp, c'est simple, y a plus une seule voiture ! Qui l'eut cru ? C'est magnifique. On se déplace à l'allure d'un troupeau d'escargots sauvages flânants sur le grand boulevard. On a le temps de scruter les détails des façades Haussmanniennes de ce boulevard planatanier. Station National, puis station Réformés-Canebière devant l'entrée du métro, et on va descendre le champ de chanvre. C'est pour ça qu'on ne l'a jamais qualifié en rue, boulevard, traverse, avenue, allée, promenade ou autre. Et vouais, on connaît dans chaque hémisphère, notre cane cane cane canebière, et partout elle est populaire, notre cane cane cane canebière, … parce qu'avant d'être l'artère principale de la ville rebelle, ici sur ces hauteurs, on cultivait de quoi nouer la fibre naturelle pour faire des cordages aux embarcations qui faisaient le plein dans le très Vieux Port. 2600 ans d'histoire nous contemple, n'oublie pas. 1 seul arrêt sur la Canebière, en face l'ancien K7, l'ex-cinéma de l'angle de la rue du Théâtre Français. Cette partie de la Canebière est désormais en sens unique, elle se monte. On retrouve le double sens après le boulevard Garibaldi et ses campagnes. Tu vois, je disais pas de conneries pour le chanvre, et çui là, c'est celui pour la Marine, pas celui pour la narine, hein, si tu vois ce que je veux dire ! On tourne à Belsunce. C'est bien plus propre qu'avant ! Et on s'arrête devant l'Alcazar. Je t'ai pas dit mais à toutes les stations y a dégun qui descend et y en a un moulon qui veut monter. En fait, on ne devrait plus dire monter, parce que le tran-ouè est au même niveau que la station, pas de marche à monter, pas d'espace à enjamber. C'est impec pour les poussettes. Nous on en a plus. Tant pis.
Tant pis, ça veut dire c'est pas grave, hein, qu'on se méprenne pas en pensant que l'histoire d'un petit garçon ferait bien l'affaire. Que non. Certes, il serait encore temps puisque 2008 est une année Olympique, et on pourrait encore se qualifier. Mais bon, on a fait nos minima, et en plus on a déjà arrondi le quota à l'unité supérieure. Presque un record.
Encore un peu de visite. On repart par la rue Colbert. On tourne à droite et on s'arrête sur la Place Sadi Carnot. On descend vers la Joliette, et terminus Euroméditerrannée. Ici c'est encore en chantier. Ça construit de tous les côtés. Qu'est ce qui va y avoir comme bureaux, ici ! Va falloir relancer la croissance, pour créer tous ces emplois. Mais bon, j'me comprends. C'est pas le propos.
On traverse la fraîche pelouse. Ah, je t'ai pas dit. Ils nous ont mis de l'herbe entre les voies ! C'est de la vraie herbe qui pousse pas, qu'on arrose peu, qui est verte comme un plein verre de sirop de menthe, et qui nous vient de Tananarive ou de Le Cap. Le bonheur du jardinier du dimanche. On se croirait à la campagne, d'autant que quelques artistes ont déposé des vaches revisitées, sur le parcours. Et de l'autre côté, comme y a rien à faire dans le coin, on attend la rame qui nous rentre à la maison. On est là pour la visite, rappelle-toi. Pour dire au monde entier qu'on a un tran-ouè qui remarche. Un vrai bombardier, conçu par ceux qui fabriquent les canadairs ou les jet-skis, avec toutes l'électronique hi-tech à la française. Ah, ce sacré savoir faire ...
Putain, dis, tu verrais comme y z'ont construit derrière les Docks ! J'y reviens, parce que c'est impressionnant. Avant y avait un grand parking, oh, pas immense. Juste pour recevoir les automobiles des gens qui travaillaient, maintenant les Docksideurs y z'auront à 10 mètres une palanquée de bureaux sur 4 ou 5 niveaux, avec vue imprenable sur le bureau de l'immeuble d'en face. Et les voitures, tu te les gares à Dache !
Ou alors, tu viens en tran-ouè !
Bon, c'est pas tout, mais l'heure du départ approche, toutes les 4 minutes à l'heure de pointe. Là, on se tire, et on se cale juste derrière le chauffeur. Lui, il est bien en place. Enfermé dans sa cabine rafraîchie, avec un tableau de bord sommaire, bon faut pas non plus bac+5 pour conduire le tram, hein, on n'est pas chez eurocoptran-ouè, là, alors simplifions les mesures. Puis, il a 2 écrans vidéo qui diffusent ce que les 2 caméras plongeantes situées au-dessus de ses portes de droite et de gauche, espionnent. Et en couleurs les écrans, s'il te plait. Pour ce qui on la chance de s'asseoir, les sièges sont en pur bois d'arbre. On se retape en sens remontant ce que le sens descendant nous a permis de voir à l'aller. Encore un peu plus de monde à partir de l'Alcazar, puis quelques animations sur le parcours. On se laisse bercer par l'ondulation, quand soudain, en plein Cinq Avenues la rame est brusquement stoppée. On s'approche du chauffeur pour jeter un coup de périscope, et voilà t'y pas que 4 Pagnoleurs jouent aux boules en plein milieu de la voie ! Si si, avec Honoré Panisse et son pantalon paillasson, Escartefigue le Capitaine au court long qui s'apprête à te faire un carreau sur place à quelques jours du Mondial La Marseillaise à Pétanque, Mr Aulas le lyonnais qui est venu espincher, Maupi en complimenteur et Raimu en bon mauvais joueur, mais avec son chapeau. Té, rappelle-toi, on s'y croyait. 
Avec ça, on est redescendu à Boisson-Foch, presque devant l'école communale, primaire ou grande école, où j'ai usé mes brailles, mais aussi où ma Thilde a usé ses fonds de robes, et où Lili commence à féliciter les siennes. Et bien là aussi, y a la pelouse, et même jusqu'à la gare de la Blancarde. La même, bien verte. 
On s'est rentrés à la maison en passant à l'ombre, parce qu'il faisait une chaleur éprouvantable.
Bon, tu peux y aller. Ils z'ont pas été plus longs que prévu, un an et demi pour nous pondre le modèle urbain du train électrique, correct et appréciable.

 

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Published by La Brigade Geffroy - dans 2007
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commentaires

PEPRO 03/07/2007 07:30

COMME SOUVENT,BLOG EXCELLENT(avec en prime,une touche pagnolesque).A LA PROCHAINE...