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  • : les z'élucubrations de la Brigade Geffroy
  • : Retrouve nos commentaires décalés mais sérieux sur les évènements du grand almanach, ... et un peu des nôtres, aussi.
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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 00:00
Promenons-nous dans les bois, à la recherche de petits z'œufs disséminés dans les forêts, les sous-bois, les buissons, les jardins, les terrasses, les balcons, les bacs Riviera, chez le voisin aussi, disséminés par le passage des cloches en ce jour de Pâques.
Cherchons dans les arbres, sous les branches, dans les hautes herbes, sur la pelouse aussi, partout, faut tout ramasser. Une razzia. Nous on s'entraîne depuis 3 mois à la maison, à détecter la moindre présence ovoïde chocolatée sous emballage aluminiumisé.
Ce matin, les cloches sont parties très tôt de Rome. Par le nuage de 4h37, et comme le record du TGV elles l'ont battu depuis belle lurette, elles, le dépôt doit normalement déjà être effectué. Ça va, nous, en plus on n'est pas loin de Rome. Puis, comme ça vient de Rome, je soupçonne le Vatican de préparer ces chocolats en papotant ! Mais t'imagines la gueule du choco quand les cloches vont arriver à … euh, à Vancouver, aux Marquises ou à Calcuta ? Mais c'est rien que pour les enfants sages. Des œufs, des poules, des lapins, des dauphins, des petits, des gros, des géants, au chocolat noir, au chocolait, au chocolat blanc, au chocolat sans chocolat mais avec du soja plein de lécitine, ou encore au bon beurre marron des grandes surfaces. Humm !
 
Et, y a pas besoin d'être croyant pour manger du chocolat. Très longtemps on a pensé que le chocolat était aphrodisiaque, surtout pendant cette époque où l'église menait en sous-mains la contrée. Alors, si les tonsés n'avaient pas toléré cette déviation à la dépravation par ingestion de matière cacaotique, Loulou ze fortine, le représentant de Dieu sur Terre de l'époque épique, aurait aboli le chocolat. N'en déplaise à ses gonzesses.
 
On a rien inventé, encore. Les œufs taggués, remonte à la préhistoire (si si, je déconne pas ; c'était l' œuvre de Marcel de Néanderthal ). L'église poursuivit l'usage d'offrir des oeufs, le premier dimanche qui suivait la pleine lune, qui suivait l'équinoxe du printemps. Du XIIème au XVIIIème les Rois de France faisaient rechercher les plus gros œufs afin de les bénir pendant la messe pascale et les distribuer à la sortie de l'église.
Mais, pourquoi l'œuf et pas sa pondeuse, me diras-tu, hein ? Car, qui de la poule ou de l'œuf est né le premier ? Ça reste une énigme encore de nos jours ! 
 
En attendant que tu progresses dans ton enquête, rappelle-toi : Pâques marque la fin du carême et l'œuf est formellement prohibé pendant cette période de jeun. Alors, dès que ça devenait possible, on se gavait du plus gros des cocos qu'on avait sous la main. Au Moyen-Age, les anglais inventent l'œuf peint à la feuille d'or, qui était sensé apporter la richesse et la prospérité à ceux qui le recevaient. Car souviens-toi du poisson d'avril, jusqu'en 1564, l'année démarrait maintenant, et on la célébrait pendant un mois. Puis, on a eu tous les délires, les suisses peignaient des edelweiss et les accrochaient aux arbres. Les russes y sertissaient des pierres précieuses et se sont fait faire des collections par la marque de déodorant. Les cousins germans d'outre-rhin ont, eux, plusieurs histoires en fonction de la région où ils se trouvent, un coup c'est un lapin qui a apporté les œufs, un coup un coq, ou encore un renard (et si ils sont dans deux régions limitrophes, le loup doit se transformer en mère-grand !). Qué Cloches ! Qu'est-ce que tu veux que les minots y z'y comprennent à cette coutume ? Déjà les grands, y pigent que dalle, alors !
 
En tous cas, c'est seulement au XVIIIème qu'on a décidé de vider les œufs par le petit trou de la lorgnette et de les remplir de chocolat. Et vouai, fallait d'abord qu'on ramène le cacao d'Amérique Latine, et qu'on y trouve une noble raison pour s'en empiffrer. Surtout les mamans, à ce moment là. Mais les mamans qui traînaient un peu dans la noblesse, hein. Parce que le pauvre paysan qui élevait ses petites gallinettes, il a pas du en manger souvent, lui, du chocolat ! Ni sa paysanne, et encore moins leurs moufflets. Y savaient même pas ce que c'était ! De toutes manières, à lui, on lui avait déjà taxé ses œufs.
 
Alors cherchez bien, à moins que nos supermarchés n'aient débordé d'imagination en nous proposant cette année, des girafes, des aigles, des requins ou des ballons de foot en beurre de beurre de chocosoja 25% pur cacaouète. On parle déjà de chouettes, de loups et de crocodiles pour l'année prochaine.
 
Aaaah ! Ça va être un beau dimanche, à quatre pattes dans les haies, en treillis camouflage, à ramper dans les pinèdes, à la recherche du moindre indice de chocolat. Attention, si je vois un nez renifleur à portée de reprise de volée, je shoote !
 
Après l'indigestion du chocolat du dimanche, lundi arrive. Parce que Pâques, ça dure 2 jours. C'est un peu comme la féria d'Arles (ça tombe bien en plus, c'est ce week-end !), sauf que là tu cherches pas des z'œufs pendant 48 heures dans l'arène ! Le lundi, c'est fait pour te reposer de toute l'énergie déployée la veille à la fouille du moindre bosquet à œuf. Et donc, pour rééquilibrer un peu l'alimentation, traditionnellement dans les familles, on s'envoie en entrée quelques z'œufs mimosa, puis un gigot d'agneau de Sisteron élevé au grand air sur les paturages de Turriers, accompagné de flageolets. De bons flageolets musiciens bio, comme autrefois. Enfin, autrefois, ils étaient naturellement bio. Aujourd'hui, ils le sont marketinguement. Et, on clôture par des z'œufs à la neige !
 
N'oublie pas, ça fait quarante jours que j'ai rien mangé !!!

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Published by La Brigade Geffroy - dans 2007
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