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  • : les z'élucubrations de la Brigade Geffroy
  • : Retrouve nos commentaires décalés mais sérieux sur les évènements du grand almanach, ... et un peu des nôtres, aussi.
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4 avril 2007 3 04 /04 /avril /2007 22:28
J'étais tranquille, j'étais pénard, dans une ambiance d'arrière salle feutrée du Palais des Congrès du Parc Chanot. J'étais venu faire un tour d'horizon sur ce salon qui réunit les professionnels de la vie éducative, les fournisseurs de matériel pédagogique et de livres, et tous les partenaires des écoles. Je m'attardais chez un fournisseur de stylos et demandais rien à dégun lorsque un brouhaha monte d'un coup, ça flashe, ça crépite, ça interpelle, …Je tourne la tête et je me trouve côte à côte avec notre vice président du Sénat. Enfin, c'est plutôt lui qui se trouve côte à côte avec moi, là à moins d'un mètre. Il s'était avancé pour palucher le gars du stand Reynolds, les stylos qui signent les amendements tous seuls. Et le mec de Reynolds qui se fend d'un brin de zèle, prends dans la caisse deux stylos bleu et un feutre noir, et le voilà qui les enquille pas à J-C !
Tout aussi surpris, car il a de quoi quand même se payer des crayons, il a des supers budgets pour ça et même il lui arriverait de vouloir se faire un cadeau, il en a les moyens. Mais, le J-C, en mauvais relayeur, attrape gauchement de la main droite, la poignée remise par le chaland, lorsque le feutre se détache du lot et sautille par-dessus les autres. Un geste de rattrapage n'y changera rien, il n'a pas envie de finir dans le veston de Monsieur le Maire de Marseille (avé l'accent, si vous plait). Alors, il essaye de s'échapper en tombant à mes pieds. Tout le monde pour regarder le feutre de jais allongé sur la moquette. Y'en a peut-être qui attende qu'il remonte ? En tout cas il est au sol, et le temps s'est figé. Tout se passe au ralentit. Je file un coup de périscope, le mec de Reynolds coi, s'il pouvait enjamberait son stand et se ferait place entre nous, pour venir cueillir son produit, et quiconque dans l'assemblée des suiveurs ne pourrait non plus se porter ramasseur de feutre sans me bousculer le bras. Faut dire que je fais baraqué, aujourd'hui, encore plus que d'habitude ! Là, j'ai mon blouson de moto, le renforcé aux coudes et aux épaules et cintré à la taille, alors ça impose, tu vois. Même les 2 gars de la garde rapprochée ont eu pendant une nanoseconde, l'intention de venir quérir l'outil à signature, mais se sont illico ravisés. Mon regard pétrifia l'assemblée, tous comprirent que c'était à moi d'intervenir. Je me baisse lentement (on est toujours au ralenti, je te rappelle), j'attrape l'engin dans un silence de cathédrale, je perçois des claquements de dents derrière. Au toucher, j'en vérifie la conformité, et en me redressant je fais comprendre à l'assistance qu'il est bien conforme. Un soulagement général s'est fait ressentir. Un gros ouf d'apaisement. Bon, faut dire que je n'ai pas forcé mon talent, j'ai tellement analysé Jack Bauer de la Cellule Anti-Terroriste (le héros de l'excellente série 24 heures chrono), j'ai étudié chacun de ses états comportementaux, - même lorsqu'il n'avait pas de veste ou comme moi, de blouson de moto - que ce geste m'est venu quasi naturellement. Une intervention propre et sécurisée. Jack Bauer, c'est 24 rencontres par an depuis 5 ans, j'ai même adopté sa besace, c'est dire la fascination. Alors, cette opération était pour moi. Tout s'est passé sans oreillette, et je tends donc à César ce qui lui appartient désormais, et l'homme qui me fait face, le vice président de notre Sénat, s'en saisi. Le ralentit retrouve sa vitesse normale, les chuchotements, les bruits de fond reviennent à mes oreilles, il me serre chaleureusement la main. S'il avait pu m'embrasser, il l'aurait fait. Mais la presse est là, et comme la campagne démarre, ce n'est pas le moment de donner du grain à moudre. J-C me remerciera, et me confiera que ses reins bloqués le condamnent à se tenir droit ! Encore merci, puis il s'est éloigné à une allure de sénateur, suivi de sa cour, il tournait vers les stands "lecture". Si j'osais, je lui conseillerais la lecture du Petit Nicolas … de Sempé.
 
Bon, mais j'étais pas venu pour ça, moi. Je voulais approcher l'adjointe au maire, déléguée à la petite enfance. Elle s'était enquillée au milieu du bunker humain qui suivait le Maire de Marseille et ce tsunami sur pattes ne laissait place à la rencontre.  Quand bien même j'eus pu l'interpeller, elle n'était pas là pour une prise de rdv. Tant pis, je passerai par la fenêtre. Mais j'ai quand même fini mon tour pour collecter quelques bons renseignements. Jack Bauer oblige.

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Published by La Compagnie Geffroy - dans 2007
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commentaires

Karine 07/04/2007 22:05

T'aurais pu lui dire qu'on attend toujours l'apéro à la Grotte... C'était en quelle année déjà ?