Le mois de mai, c'est le mois où on commence à sentir les vacances. Et pour cause, le printemps est au milieu de son cycle trimestriel, ça bourgeonne dans tous les coins, sous tous les pétales, sous toutes les pédales. Les minots reçoivent déjà les affectations d'entrée en classe supérieure (qu'est-ce que tu veux les motiver jusqu'au début juillet !). Puis, c'est souvent le mois des revendications, des bonnes grèves que l'on aimerait soixantehuitardes (bon anniversaire), histoire de faire d'un pont, un viaduc, voire un aqueduc, que dis-je un pont de Milhau ! En tous cas, rien de caduque. 1er mai, 8 mai, jeudi de l'Ascension (quand ça tombe pas un 1er mai, ça fait une jambe de plus à un pont), Pentecôte et son lundi. Quand je pense, qu'on a attenté à ce jour. Attends voir, c'était pour aider nos anciens à ne pas se sentir dépérir dans l'anonymat. Et tout ça, à cause de la canicule de 2003. Avant y z'avaient pas chaud ! Depuis, on sais pas.
Dis moi, la canicule, c'est un évènement climatique ? Je te pose la question ! Euh ...
Bon, t'y es tellement long que je réponds à ta place : oui, comme la tempête, le cyclone, la sècheresse, comme la pluie, la neige, quoi !
Et bien là, il a quand même été décidé lors d'un paluchage ministériel, que tous les salariés du pays seraient redevables d'une journée de travail par solidarité à nos vieux. On va pas philosopher, ça serait trop long. Et là il nous faudrait un pont. Tout ça parce qu'un été, il a fait un peu plus chaud que d'habitude ! Tu te rends compte ce que vivent les vieux grecs, les crétois, les espagnols andalous, les siciliens, je ne te parle que de nos voisins européens, t'y as remarqué. Mais qui se souciait avant de nos corses, martiniquais-guadeloupéens-&-réunionnais, calédoniens, tahitiens, marquisiens, ...
Un canular. Une blague. Que dis-je, une raffarinade !
J'ai pas souvenir que lors d'hivers rigoureux, un vier en costume nous ait pondu une telle connerie pour les sans-abris. Non, je cherche mais je ne trouve pas. Pourtant, ils sont moins vieux et en auraient besoin aussi, non ? Cette année encore, on vient de comptabiliser le nombre de victime dû à l'hiver, est supérieur à celui de l'été ! Tu vas voir qui vont nous ponctionner d'une autre journée de solidarité, ça nous pend au nez, ça !
J'ai pas souvenir, non plus, que pour cause de sècheresse ou de déluge, on ait inventé un acte de solidarité avec les agriculteurs. Nos paysans, ceux qui voient le soleil se lever et aussi se coucher tous les jours. J'ai pas non plus en mémoire, qu'on ait proclamé une journée de solidarité à la suite d'une année sans vent. Et vouai, qui se préoccupe des ramasseurs de châtaignes en Corse, en Ardèche ou dans mes Cévennes ? Parce que si y a pas de vent, et bé les châtaignes, elles ne tombent pas ! Et alors ?
Et alors quoi !
Eh bé, … c'est une mauvaise année !
Là, ils ont fait preuve de grave discrimination. Pourquoi les vieux plutôt que les sans-abri ? J'ai rien contre les vieux, au contraire. Et quand je dis ou mardi, mais, jeudi c'est bien. Donc, quand je dis les vieux, je parle des vieux vieux. Ceux qui sont déjà en train de passer la larme à gauche ! Et bé, on a voulu nous associer à les maintenir dans un état végétable (pour des légumes, ça l'a fout bien), un état végétatif, à les maintenir en vie, à prolonger leurs atroces souffrances, dans un monde qu'ils ne comprennent plus, qu'ils ne reconnaissent plus. Parce que déjà, depuis les anciens francs, ils avaient baissé les bras. Mais c'était pas à l'Etat tout seul de s'occuper d'eux ? Parce que par régime d'ultra solidarité, on pourrait s'occuper des grands brûlés, des malvoyants, des trisomiques, des handicapés physiques, des gens de petites tailles, des polytraumatisés, des accidentés de la route, des accidentés du travail, des édentés, des eunuques, des déficients cérébraux, des alcooliques, des dépressionnaires nerveux, des drogués, des erreurs médicales, des erreurs de jeunesse, les erreurs de justice, des erreurs de la nature, ...
Mais revenons à nos boutons. Sans mettre la pression, nous ce qui nous intéresse, c'est les ponts ! Sur tes cinq semaines de congés payés, patiemment méritées (même ceux qui en glandent pas une. C'est dur pour eux aussi ! C'est long surtout !) tu retires tes trois semaines d'été, puis ta semaine d'hiver, et il t'en reste une, soit cinq jours. Enlève le jour des vieux (librement commenté il y a deux minutes), enlève aussi le jour que tu as pris juste avant la Toussaint, même si tu n'as pas eu de mort à enterrer cette année, ça t'as fait une coupure, avoue ! Il te reste trois jours, si je compte toujours bien. Et le pire c'est qu'il reste encore trois jours à un paquet de monde, et qu'il faut les prendre avant le 1er juin, sinon tu le sais, hein, tu les perds ! Alors, faîtes du travail + victoire nasillarde + derniers jours de congés + lundi de "descente-montée" = 1/2 mois de travaillé ; même les profs sur ce mois là, ils z'ont pas tenu la distance. T'as rien laissé, tu t'es battu jusqu'au bout.
Bravo, en un seul mot, BRA-VO. Toi tu mérites, hein !
Allez, tiens bon la rampe, dans un mois c'est les congés.