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  • : les z'élucubrations de la Brigade Geffroy
  • : Retrouve nos commentaires décalés mais sérieux sur les évènements du grand almanach, ... et un peu des nôtres, aussi.
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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 18:00

Mais non pas le film ! Le jour le plus long, c'est aussi la nuit la plus courte, non ? Normal, t'as vu à quelle heure tu te couches ? C'est bien beau d'aller à la fête de la musique ! Faut te climatiser un peu le neurone, là-haut ! C'est aussi et surtout le jour de l'été. ¯Voilà l'été, voilà l'été, voilà l'été, hé hé ... tout le monde a entendu au moins une fois dans sa courte existence cette chanson des "Négresses Vertes"... La saison d'Antonio Vivaldi¯ ... Après, qu'il soit en pente douce ou meurtrier, ¯l'été s'ra chaud, l'été s'ra chaud, dans les tee-shirts dans les maillots ... celle là, est tellement plus rustique, que seuls les moins de trente ans ne peuvent pas (re)connaître, puisque depuis que Stone roule seule, et il cultive les chardons ! ¯ je te parle même pas de Donna Summer, ni de summer time, à cause que tu parles pas bien l'anglais, mais ça transpire pas mal.

En tous cas, c'est aujourd'hui que le soleil a choisi, pour atteindre sa position la plus méridionale par rapport au plan de l'équateur céleste. A une époque où l'on vivait avec les saisons, il n'est pas surprenant que les anciens aient donc voulu célébrer ce jour de l'année bien particulier. Le solstice (de "sol stare" pour l'arrêt du soleil) d'été, c'est le jour de l'année où le soleil se trouve se trouve en concert au zénith et où il est visible le plus longtemps, dans notre hémisphère en tous cas. Ce solstice dans les prés, fleurisse, fleurisse ... ce solstice d'été est fêté en allumant de grands feux. Et comme c'est le moment où la Terre, la Lune et le Soleil se croisent, on les a appelé les feux de croisements (!) Euh, non ! C'est parce qu'un jour, une embarcation d'envahisseurs en provenance de Sardaigne, "la sarde hina" qui devait venir prendre d'assaut le Port de Marseille, à pris feu à l'entrée du Vieux Port devant le Fort Saint-Jean. Il n'en fallait pas plus pour faire naître les feux de la Saint-Jean, dans la redoutable et invincible cité phocéenne. Le feu est de tous temps, le symbole purificateur du soleil. Le rite du feu de joie a été christianisé au Ve siècle. On y a associé le cousin de Jésus, celui qui avait perdu ses pantoufles, celui qui a reconnu en lui le Messie, mais non ! Mais si : Saint-Jean bat Tiste 3 à 0 ... c'était en plain est qui noxe rien, n'a rien. Sans rentrer dans la polémique de l'arbitrage maison, Saint Jean-Baptiste est avec le petit Jésus et Marie la Vierge, un des rares élus dont on fête la naissance. Mais qui a voté pour eux ?

Ceci dit, moi j'en connais un qui chaque année, rajoute une bougie ! Hein, Jack Lang ! C'est lui qui nous a inventé la fête de la musique. Ça existait pas avant ! Et maintenant, tous les bourrins Européens, nous l'on copiée. Quelle idée il a eu là, ce Jack ! Quand tu penses qu'au cercle polaire, la fête est tellement énOrme, que le soleil ne se couche pas pendant plusieurs jours !

C'est aussi là que les étudiants vont bien souvent prendre la première mesure de ce qui les attendra plus tard : le job d'été. Pendant que d'autres se font rôtir sur les plages. On se met en vacances de l'école, et là, y a le premier combat : les juilletistes contre les aoûtiens, arbitrés par quelques septimbrés. Y'a les parents qui z'ont choisi leur meilleure période et remplissent la bagnole puis avalent des kilomètres de routes et d'autoroutes dans une torpeur moite, pour se retrouver "Au Camping du Bord de Mer" avec tous les Amis qui y reviennent depuis vingt ans. L'été, y fait chaud, on transpire, y fait même très chaud, on transpire même beaucoup, on mange des glaces, des yétis, on se met du Piz Buin écran total, on cherche l'ombre, on est en tongs, on boit du rosé, on dit des conneries, on mange des grillades, on joue aux boules, on écoute les cigales, ..., et à la nuit tombée, elles laissent place aux grillons, alors on lève la tête à la recherche d'une étoile filante, on fait vite un vœu et on se fait bouffer par les moustiques.

Cette nuit vaut bien un songe.

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Published by La Brigade Geffroy - dans 2007
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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 00:07
Ils nous ont posé ça, le troisième dimanche de juin.
Dans certains pays, comme la France, elle n'a jamais été décrétée. Et le Pétain, il est passé où, là ? Remarque, lui les pères, il les laissait aux champs d'honneurs ou il les donnait à l'ennemi, c'est pour ça qu'il a fait son malin sur la fête des mères.

En tous cas, cet hommage aux papas nous vient peut-être d'outre atlantique. Un jour de début du 20ème siècle, en écoutant un sermon à la fête des mères, une pacouline de l'état de Mashewington, pensa à rendre une reconnaissance posthume au père qu'elle vénérait, et qu'elle avait perdu alors qu'elle était jeune. Ce fut donc à Spockane que fut célébré ce premier témoignage. Non, Spokane, c'est pas là où est né Spoke avec ses oreilles d'âne, non !  Les ricains apprécièrent cette idée, et la journée nationale vit le jour en 1924, juste avant les J.O. de Coubertin of Paris.

Et en France, pour pouvoir vendre ses briquets la société Flaminaire fit sa campagne publicitaire sur la création de cet évènement pour donner l'occasion d'offrir un beau briquet à papa, et c'est en 1952 en pleine année Olympique (Helsinki) que la première Fête des Pères fut instituée. Cependant, la Fête des pères n'a jamais été officialisée, comme le fut la Fête des mères, par un décret du Président de la République. C'est véritablement à partir de 1968, une autre année Olympique (Mexico), que les pères ont commencé à être fêtés tous les ans.

Etymologiquement, "père" nous vient du latin "pater" et désigne le père comme représentant de l'autorité, familiale ou religieuse. Nous, on s'arrêtera à la version familiale. Les archéologues linguistiques ont retrouvé le terme dans l'expression "Dieu le Père" ou même dans le nom de Jupiter considéré comme le père des vieux1 romains avec l'émythologie "Jupaterus" qui a donné "Ju-pater", littéralement le "Père des Dieux" et le cri qu'ils lançaient à leurs dames pour faire grimper le compteur vers les 13 bambins (jupes à terre). [souviens-toi dans "A ma mère"]

Mais comment nous, en bons provençaux que nous sommes, ne pouvons nous pas nous rapporter à l'œuvre que nous avons tous étudié à l'école (enfin ceux qui y sont allés !) et qui conte les souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol, "la Gloire de mon Père".

Sache que d'après une étude du CNRS, aujourd’hui, les hommes consacreraient en moyenne 2 heures et 22 minutes par semaine aux tâches ménagères (courses, cuisine, vaisselle, linge, etc.), contre 2 heures et 11 minutes en 1985, soit un progrès  de 10 minutes en un peu plus de 20 ans (enfin, ça dépend dans quel sens on se place pour le progrès) ! C'est pas parce que tu débarrasses deux fois la table par semaine ou que tu rentres les courses, que t'as gagné ! Mais ça fait que 20% du taf. Et si on considère la bonne loi de Paretto par sa règle des 20-80, 20% des tâches ménagères effectuées par nous les hommes, représentent 80% de ceux que nous savons faire à la maison ! Ceci dit, nous avons d'autres dispositions, comme, aller chercher le pain, laver la voiture, nettoyer le garage, changer les ampoules, pianoter sur l'ordinateur, lire le journal, faire des trous à la perceuse, mettre un DvD, le regarder aussi, changer le papier des toilettes (non non, pas le papier-peint, le long ruban rose !), …

Statistiquement, le cadeau de prédilection, c'est la cravate. Ça tombe bien, je recommence à en faire un usage effréné. Augmentation de 35% des ventes pendant cette période de ce plastron qu'on se noue pour cacher les boutons de la chemise.

Selon le code des bonnes manières, dont je te recommande la précieuse lecture, et dont on oublie trop fréquemment les usages au quotidien, c'est le seul moment (avec la légion d'honneur) où tu peux offrir une rose rouge à un homme. Blanche, s'il t'a déjà quitté.

Notons toutefois cette délicate attention des petits Krisprolls envers leur père, qui pourrait donner de l'inspiration à ceux qui ne savent pas comment honorer le leur, ils leur apportent le petit déjeuner au lit.
À l'avenir, y'en a qui vont faire semblant de dormir !
 
Bonne fête à toi, papa.
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Published by La Brigade Geffroy - dans 2007
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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 00:01
Oh, m'man, ça va être ta fête !

Avec sa prestation poilue à Verdun, une des seules choses pour laquelle on puisse le remercier - si tant est que l'on ait à le faire - Pétain a inscrit la fête des mères au calendrier. Mais de Vichy, c'était plus simple de fomenter contre la mère patrie ! 
Petite parenthèse, la reconnaissance à la maman, ça existait déjà bien avant, les Grecs dès l'Antiquité pratiquaient déjà ! Donc, après la première guerre, on honorait les mères les plus honorées et les plus méritantes, et celles qui avaient été honorées aux chants du donneur au moins 13 fois, preuves pleurnichieuses à l'appui, elles recevaient la médaille d'or de la famille française. Tu te rends compte ? La capsule doré aque le ruban bleu-blanc-rouge en mousseline autour ! Ma mémé l'a eue. Elle l'a achetée, parce qu'en plus quand tu répondais aux critères pour l'obtention, il te fallait débourser. Un peu comme la Légion d'Honneur, qu'on distribue à tire l'abricot. Non, mais tu te rends compte, 13 marmots sans échographies, sans péridurale, sans couches jetables, sans Vedette (Ah oui c'est vrai ! Tout au lavoir, même l'hiver quand il fallait souvent casser la glace à Montolivet ! Parce que les couches ça s'appelait des langes, et quand le minot, il avait cagué dedans, fallait se laver le minot et le lange ! Tu jetais rien !), je poursuis : sans lingettes, sans stérilisateur, sans petits pots, sans compléments nutritionnels, sans sucette, sans totote, sans doudou, sans trotteur, sans les conseils des unes, sans les conseils avertis des autres, sans k7 vidéo, sans dvd, sans chichi, sans pan pan, sans chichi panpan, sans congés mater ou paternité, sans rancune. Elles ne se posaient pas tant de questions. Hop, quand c'est fini on recommence. Tu crois que tu vas souffler un peu, que tu vas voir un peu grandir ta petite dernière, que bingo, un soir où y avait rien au poste à galène … Quelle constance ! Quelle constitution ! Quelle dévotion !
On leur a donc réservé officiellement par petite annonce au canard officiel, le dernier dimanche du mois de mai, sauf si ce jour là c'est "descente-montée", dans ce cas, c'est le dimanche suivant, comme cette année. Alors, grâce à elles (les anciennes), aujourd'hui, c'est leur journée. C'est toujours bon de le rappeler à ceux qui croient que ça tombe tout cru.
Les mamans, elles sont contentes. Tu leur offres un petit bouquet de fleurettes, ou un collier en macaronis, un dessin artistique de tes petites mimines tremblotantes ou le fameux rond de serviette peint à la main, un porte-photo en pâte à sel ou un porte-torchons en coquillages, emballé dans le joli poème, et elles sont aux anges.

 
Maman, voici quelques fleurs,
Pour partager ton bonheur.
Voici mes plus belles étoiles,
Pour que ton cœur s'emballe.
Voici aussi un peu de mon élixir,
Pour te voir emplie de sourires.
Voilà enfin beaucoup de moi
Pour te combler de joie.
Bonne fête que je te souhaite passionnément
Car tu es la plus belle des mamans.
Ton enfant si gentil
Qui t'aime à la folie. 
 
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Published by La Brigade Geffroy - dans 2007
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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 00:01
Le mois de mai, c'est le mois où on commence à sentir les vacances. Et pour cause, le printemps est au milieu de son cycle trimestriel, ça bourgeonne dans tous les coins, sous tous les pétales, sous toutes les pédales. Les minots reçoivent déjà les affectations d'entrée en classe supérieure (qu'est-ce que tu veux les motiver jusqu'au début juillet !). Puis, c'est souvent le mois des revendications, des bonnes grèves que l'on aimerait soixantehuitardes (bon anniversaire), histoire de faire d'un pont, un viaduc, voire un aqueduc, que dis-je un pont de Milhau ! En tous cas, rien de caduque. 1er mai, 8 mai, jeudi de l'Ascension (quand ça tombe pas un 1er mai, ça fait une jambe de plus à un pont), Pentecôte et son lundi. Quand je pense, qu'on a attenté à ce jour. Attends voir, c'était pour aider nos anciens à ne pas se sentir dépérir dans l'anonymat. Et tout ça, à cause de la canicule de 2003. Avant y z'avaient pas chaud ! Depuis, on sais pas.
 
Dis moi, la canicule, c'est un évènement climatique ? Je te pose la question ! Euh ...
Bon, t'y es tellement long que je réponds à ta place : oui, comme la tempête, le cyclone, la sècheresse, comme la pluie, la neige, quoi !
Et bien là, il a quand même été décidé lors d'un paluchage ministériel, que tous les salariés du pays seraient redevables d'une journée de travail par solidarité à nos vieux. On va pas philosopher, ça serait trop long. Et là il nous faudrait un pont. Tout ça parce qu'un été, il a fait un peu plus chaud que d'habitude ! Tu te rends compte ce que vivent les vieux grecs, les crétois, les espagnols andalous, les siciliens,  je ne te parle que de nos voisins européens, t'y as remarqué. Mais qui se souciait avant de nos corses, martiniquais-guadeloupéens-&-réunionnais, calédoniens, tahitiens, marquisiens, ...
Un canular. Une blague. Que dis-je, une raffarinade !
J'ai pas souvenir que lors d'hivers rigoureux, un vier en costume nous ait pondu une telle connerie pour les sans-abris. Non, je cherche mais je ne trouve pas. Pourtant, ils sont moins vieux et en auraient besoin aussi, non ? Cette année encore, on vient de comptabiliser le nombre de victime dû à l'hiver, est supérieur à celui de l'été ! Tu vas voir qui vont nous ponctionner d'une autre journée de solidarité, ça nous pend au nez, ça !

J'ai pas souvenir, non plus, que pour cause de sècheresse ou de déluge, on ait inventé un acte de solidarité avec les agriculteurs. Nos paysans, ceux qui voient le soleil se lever et aussi se coucher tous les jours.
J'ai pas non plus en mémoire, qu'on ait proclamé une journée de solidarité à la suite d'une année sans vent. Et vouai, qui se préoccupe des ramasseurs de châtaignes en Corse, en Ardèche ou dans mes Cévennes ? Parce que si y a pas de vent, et bé les châtaignes, elles ne tombent pas ! Et alors ?
Et alors quoi !
Eh bé, … c'est une mauvaise année !
 
Là, ils ont fait preuve de grave discrimination. Pourquoi les vieux plutôt que les sans-abri ? J'ai rien contre les vieux, au contraire. Et quand je dis ou mardi, mais, jeudi c'est bien. Donc, quand je dis les vieux, je parle des vieux vieux. Ceux qui sont déjà en train de passer la larme à gauche ! Et bé, on a voulu nous associer à les maintenir dans un état végétable (pour des légumes, ça l'a fout bien), un état végétatif, à les maintenir en vie, à prolonger leurs atroces souffrances, dans un monde qu'ils ne comprennent plus, qu'ils ne reconnaissent plus. Parce que déjà, depuis les anciens francs, ils avaient baissé les bras. Mais c'était pas à l'Etat tout seul de s'occuper d'eux ? Parce que par régime d'ultra solidarité, on pourrait s'occuper des grands brûlés, des malvoyants, des trisomiques, des handicapés physiques, des gens de petites tailles, des polytraumatisés, des accidentés de la route, des accidentés du travail, des édentés, des eunuques, des déficients cérébraux, des alcooliques, des dépressionnaires nerveux, des drogués, des erreurs médicales, des erreurs de jeunesse, les erreurs de justice, des erreurs de la nature, ...
Mais revenons à nos boutons. Sans mettre la pression, nous ce qui nous intéresse, c'est les ponts ! Sur tes cinq semaines de congés payés, patiemment méritées (même ceux qui en glandent pas une. C'est dur pour eux aussi ! C'est long surtout !) tu retires tes trois semaines d'été, puis ta semaine d'hiver, et il t'en reste une, soit cinq jours. Enlève le jour des vieux (librement commenté il y a deux minutes), enlève aussi le jour que tu as pris juste avant la Toussaint, même si tu n'as pas eu de mort à enterrer cette année, ça t'as fait une coupure, avoue ! Il te reste trois jours, si je compte toujours bien. Et le pire c'est qu'il reste encore trois jours à un paquet de monde, et qu'il faut les prendre avant le 1er juin, sinon tu le sais, hein, tu les perds ! Alors, faîtes du travail + victoire nasillarde + derniers jours de congés + lundi de "descente-montée" = 1/2 mois de travaillé ; même les profs sur ce mois là, ils z'ont pas tenu la distance. T'as rien laissé, tu t'es battu jusqu'au bout.
Bravo, en un seul mot, BRA-VO. Toi tu mérites, hein !
 

Allez, tiens bon la rampe, dans un mois c'est les congés.

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Published by La Brigade Geffroy - dans 2007
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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 09:01

Une belle citation transactionnelle ou bien ta meilleure brève de comptoir, un contrepet fumant, un apophtegme singlant, un simple truc qui décoiffe ou une phrase à la con.


 

Viens espincher dans : gros menteurs, euh,  commentaires, et enquille Ta phrase qui tue ...  dans ajouter un commentaire, là, juste en dessous. On est entre nous, alors, fais pas ta chochotte. Si t'y es sage, je t'autorise même à en placer une de la liste dans des repas de familles.


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Published by La Compagnie Geffroy - dans 2007
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1 juillet 2007 7 01 /07 /juillet /2007 22:25
C'est un évènement, avec un grand E.
Que dis-je, un évènement national. Tellement grand, que notre nouveau tramway (prononce tran-ouè, ... comme notre maire) sera inauguré, par le président de notre république, dont c'est le moisiversaire. Eh vouai, ça fait un mois qu'il est en place !
Et en tant que bon marseillais qui se respecte, tu peux pas faire l'impasse d'aller faire ton curieux et tester le nouveau tramway (prononce tran-ouè, t'as oublié ou quoi ?), le tram quoi. Et pas dans une semaine. Non, le premier jour !
Enfin un vrai sujet de discussion stérile. On va pouvoir en parler, chuchotter, jacasser pendant des heures, sans faire avancer le tran-ouè ! Faut pouvoir alimenter la faconde naturelle dont nous, bon marseillais, sommes dotés !
Parce que j'entends ça et là aux infos, sur les radios parisiennes : "une nouvelle ville, se dote aujourd'hui d'un tramway. Marseille ouvre au public ce matin son tramway, …" Y sont cons ses journalistes. Oh, jobastres ! On l'a toujours eu nous le tran-ouè. Le 68, y s'est jamais reposé, lui ! Combien de bicyclettes, combien de Solex se sont cassés la gueule dans les rails, sur le boulevard Chave ? Alors, hein ! À l'époque où c'était plus à la mode d'avoir un tram en fonctionnement, nous on a su garder le nôtre, le dernier parce qu'il fut un temps que j'ai pas connu mais que mes parents, si, t'y as compris ? Un temps où tout Marseille était desservie par ces machines sur rails. T'y as bien entendu : Marseille.
La mode du bus lui a fait de l'ombre. Plus maniable, plus agile, plus court, plus haut, plus chaud, plus bruyant, plus polluant, puis un beau jour on te dit que c'est le moyen de transport urbain le plus économique. Il n'en fallait pas temps pour que tout le monde s'en prenne un ! Grenoble, Nantes, Bordeaux, Nancy, Lyon, Brest, et même Paris. Y z'ont 153 lignes de métro, et y se sont fait un tran-vé. Là-bas, ça ce dit comme ça.
Alors, bon pied, bon œil, on va faire les curieux.
Comme on arrive à la station, il arrive. Putain, y z'ont rien à faire les gens ou quoi ? C'est bondé ! Et on est qu'à Foch-Boisson ! Qu'est-ce ça va être aux Réformés !
Bon, tant bien que mal, on s'engouffre dedans. Esquichés comme des sardines, y referme les portes et enquille la première. Il est à cran ! Ça boulègue au démarrage, je te dis pas. Si tu te tiens pas tu chavires, mais là, y a tellement de monde, que tu te tiens à ton voisin ou zine, un peu comme dans le métropol'tain par'sien aux heures d'pointes. Y a même eu à un moment, où une jeune femme moyennement belle mais estivalement vêtue, qui s'est tournée vers le bonhomme derrière elle, et lui dit :
-       -   Dites môssieu, ça fait ¼ d'heure que vous me touchez les fesses !
Et le mec, qui lui répond, tranquille :
-       -   Et alors, ça vous plait plus ?
Les fenêtres ne s'ouvrent pas, c'est des baies vitrés fumées. Y parait qu'y a la clim ! Tant mieux, parce que y en qui sont en forte déliquescence d'avec le syndicat de l'eau et des savonnettes. C'est le tram du peuple à cette heure avancée de la matinée. Le savant de Marseille n'a pas encore sorti sa formule ! Cling-cling la voix off et pas énervée, t'indique que tu es aux Cinq Avenues. Dès fois que tu te sois endormi. Remarque, elle est tellement off la voix, que si tu dors, tu manques les Cinq Avenues !
Attention au départ, cabrage, en route vers Longchamp. Depuis les travaux, j'étais plus passé par là. Même en moto, où je passe partout ! Le boulevard Longchamp, c'est simple, y a plus une seule voiture ! Qui l'eut cru ? C'est magnifique. On se déplace à l'allure d'un troupeau d'escargots sauvages flânants sur le grand boulevard. On a le temps de scruter les détails des façades Haussmanniennes de ce boulevard planatanier. Station National, puis station Réformés-Canebière devant l'entrée du métro, et on va descendre le champ de chanvre. C'est pour ça qu'on ne l'a jamais qualifié en rue, boulevard, traverse, avenue, allée, promenade ou autre. Et vouais, on connaît dans chaque hémisphère, notre cane cane cane canebière, et partout elle est populaire, notre cane cane cane canebière, … parce qu'avant d'être l'artère principale de la ville rebelle, ici sur ces hauteurs, on cultivait de quoi nouer la fibre naturelle pour faire des cordages aux embarcations qui faisaient le plein dans le très Vieux Port. 2600 ans d'histoire nous contemple, n'oublie pas. 1 seul arrêt sur la Canebière, en face l'ancien K7, l'ex-cinéma de l'angle de la rue du Théâtre Français. Cette partie de la Canebière est désormais en sens unique, elle se monte. On retrouve le double sens après le boulevard Garibaldi et ses campagnes. Tu vois, je disais pas de conneries pour le chanvre, et çui là, c'est celui pour la Marine, pas celui pour la narine, hein, si tu vois ce que je veux dire ! On tourne à Belsunce. C'est bien plus propre qu'avant ! Et on s'arrête devant l'Alcazar. Je t'ai pas dit mais à toutes les stations y a dégun qui descend et y en a un moulon qui veut monter. En fait, on ne devrait plus dire monter, parce que le tran-ouè est au même niveau que la station, pas de marche à monter, pas d'espace à enjamber. C'est impec pour les poussettes. Nous on en a plus. Tant pis.
Tant pis, ça veut dire c'est pas grave, hein, qu'on se méprenne pas en pensant que l'histoire d'un petit garçon ferait bien l'affaire. Que non. Certes, il serait encore temps puisque 2008 est une année Olympique, et on pourrait encore se qualifier. Mais bon, on a fait nos minima, et en plus on a déjà arrondi le quota à l'unité supérieure. Presque un record.
Encore un peu de visite. On repart par la rue Colbert. On tourne à droite et on s'arrête sur la Place Sadi Carnot. On descend vers la Joliette, et terminus Euroméditerrannée. Ici c'est encore en chantier. Ça construit de tous les côtés. Qu'est ce qui va y avoir comme bureaux, ici ! Va falloir relancer la croissance, pour créer tous ces emplois. Mais bon, j'me comprends. C'est pas le propos.
On traverse la fraîche pelouse. Ah, je t'ai pas dit. Ils nous ont mis de l'herbe entre les voies ! C'est de la vraie herbe qui pousse pas, qu'on arrose peu, qui est verte comme un plein verre de sirop de menthe, et qui nous vient de Tananarive ou de Le Cap. Le bonheur du jardinier du dimanche. On se croirait à la campagne, d'autant que quelques artistes ont déposé des vaches revisitées, sur le parcours. Et de l'autre côté, comme y a rien à faire dans le coin, on attend la rame qui nous rentre à la maison. On est là pour la visite, rappelle-toi. Pour dire au monde entier qu'on a un tran-ouè qui remarche. Un vrai bombardier, conçu par ceux qui fabriquent les canadairs ou les jet-skis, avec toutes l'électronique hi-tech à la française. Ah, ce sacré savoir faire ...
Putain, dis, tu verrais comme y z'ont construit derrière les Docks ! J'y reviens, parce que c'est impressionnant. Avant y avait un grand parking, oh, pas immense. Juste pour recevoir les automobiles des gens qui travaillaient, maintenant les Docksideurs y z'auront à 10 mètres une palanquée de bureaux sur 4 ou 5 niveaux, avec vue imprenable sur le bureau de l'immeuble d'en face. Et les voitures, tu te les gares à Dache !
Ou alors, tu viens en tran-ouè !
Bon, c'est pas tout, mais l'heure du départ approche, toutes les 4 minutes à l'heure de pointe. Là, on se tire, et on se cale juste derrière le chauffeur. Lui, il est bien en place. Enfermé dans sa cabine rafraîchie, avec un tableau de bord sommaire, bon faut pas non plus bac+5 pour conduire le tram, hein, on n'est pas chez eurocoptran-ouè, là, alors simplifions les mesures. Puis, il a 2 écrans vidéo qui diffusent ce que les 2 caméras plongeantes situées au-dessus de ses portes de droite et de gauche, espionnent. Et en couleurs les écrans, s'il te plait. Pour ce qui on la chance de s'asseoir, les sièges sont en pur bois d'arbre. On se retape en sens remontant ce que le sens descendant nous a permis de voir à l'aller. Encore un peu plus de monde à partir de l'Alcazar, puis quelques animations sur le parcours. On se laisse bercer par l'ondulation, quand soudain, en plein Cinq Avenues la rame est brusquement stoppée. On s'approche du chauffeur pour jeter un coup de périscope, et voilà t'y pas que 4 Pagnoleurs jouent aux boules en plein milieu de la voie ! Si si, avec Honoré Panisse et son pantalon paillasson, Escartefigue le Capitaine au court long qui s'apprête à te faire un carreau sur place à quelques jours du Mondial La Marseillaise à Pétanque, Mr Aulas le lyonnais qui est venu espincher, Maupi en complimenteur et Raimu en bon mauvais joueur, mais avec son chapeau. Té, rappelle-toi, on s'y croyait. 
Avec ça, on est redescendu à Boisson-Foch, presque devant l'école communale, primaire ou grande école, où j'ai usé mes brailles, mais aussi où ma Thilde a usé ses fonds de robes, et où Lili commence à féliciter les siennes. Et bien là aussi, y a la pelouse, et même jusqu'à la gare de la Blancarde. La même, bien verte. 
On s'est rentrés à la maison en passant à l'ombre, parce qu'il faisait une chaleur éprouvantable.
Bon, tu peux y aller. Ils z'ont pas été plus longs que prévu, un an et demi pour nous pondre le modèle urbain du train électrique, correct et appréciable.

 

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Published by La Brigade Geffroy - dans 2007
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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 10:08

Monsieur et Madame Geffroy ont une fille.
Comment l'ont-ils prénommée ?

Sandra (sans drap, j'ai froid)

Bon, t'as compris ???
A toi de jouer, dans
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Alors ?


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Published by La Brigade Geffroy - dans 2007
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9 juin 2007 6 09 /06 /juin /2007 12:51
A l'heure où tous vont retrouver les douces vacances, le farniente, la nonchalance, moi je vais sortir du bois.
 
Chemise repassée avec les plis, la cravate, des chaussettes propres, un costume impeccable, mon cartable est prêt, mes souliers cirés. Oh, il n'y a pas eu grand-chose à faire, car je caressais l'espoir d'une remise en orbite soudaine. C'est mon côté optimiste, la confiance en ma bonne étoile. Et donc, remis de cette formidable opportunité à l'aventure qui m'attend, j'ai taillé mon crayon noir et rempli d'encre mon plus beau plume. La moto est briquée. C'est elle qui va m'accompagner, ce lundi 4 juin.
L'appel des nouveaux est prévu à 7h30, comme à l'armée, à la montée des couleurs. Carte d'identité, badge d'accès, patte blanche, et direction la formation des nouveaux élèves : la sécurité. Ça doit être pour la sûreté industrielle ?! On verra bien.
Ahrrr ! Commence pas à poser des questions, je sais pas combien ça dure. Tu crois qu'ils m'ont envoyé le planning à la maison, ou quoi ? Ils auraient pu ? Eh bé, ils l'ont pas fait. Comme ça, y a surprise. Après, on ira au réfectoire pour se sustenter quelque peu de ce bas thème de l'aire. Et non, j'ai pas encore le menu, non plus ! Mais pour faire mastiquer 6000 bouches, la cantine doit être impressionnante ! Je prendrai des photos.
Ah ! Ils ne m'ont pas dit à quelles heures étaient les récrés ! Faudra que je sache, vers quelle heure je pourrai avaler mon goûter, une barre de céréales et 2 BN.
Bon, va falloir se re-laver tous les jours. Quoi, j'en vois qui sont surpris ! Au prix prohibitif du m3 d'eau (Véolia ne nous faisait pas de cadeau, même avec la carte de l'anpe) et c'était pas évident d'acheter du savon au ph neutre. Et c'est certainement pas avec ce que me donnaient les "ass" et "dick" que je pouvois mener grand train (je me rends compte, seulement maintenant, de ce qu'apporte la traduction anglaise de ce centre de paiement grivois) poët-poët. Va falloir aussi se re-raser tous les jours. Je vais pouvoir me racheter un peu de sent-bon. Puis, faudra changer de chemise tous les jours, de pantalons, …. Etre impeccable. Ça implique des frais tout ça. Je vais me renseigner, voir s'il n'y a pas un pressing sur place. Il faut se re-sociabiliser. Il parait même que je peux y aller en car. Tu te rends compte, y viennent te chercher à la maison !!
 
En tous cas, cette parenthèse professionnelle m'aura servi à voir grandir ma petite Éva. Vu le temps que j'ai passé avec elle, c'est une période que je ne regrette pas. Éva, elle a vu son papapasencongésparental à la maison depuis deux ans. Elle est maintenant prête pour rentrer à l'école. Et elle ne comprend pas quand je lui dis que je vais aller au boulot. Eh que non, elle n'a pas connu autre chose ! Ça aura aussi été bénéfique à Élise de me sentir là, suivre de près, son année de CP. De l'organisation des devoirs le soir, avec Mathilde. Ça n'enlève rien à Karine, au contraire. La complémentarité a été de mise. Puis, ça a stabilisé Mathilde, ma grande, à recouvrer la concentration. Pour que cette année de CM2 se poursuive mieux qu'elle n'avait démarré (sa maîtresse, qui avait été malmenée par une enfant puis par sa mère, avait été soustraite de l'école parce qu'elle a claqué l'insolente). Absences, maladies, remplacements, son année scolaire préparatoire à l'entrée en sixième à débuté le 27 novembre ! Ma disponibilité l'a certainement sécurisée. C'est d'ailleurs en regardant les lendemains de nos filles que nous avons décidés (bien avant l'héliportage de la bonne nouvelle) que Karine devrait changer de boulot, elle aussi, pour prendre le rôle de mère au foyer, après son congé parental. Adieu les cuistres sonnettes, bonjour l'épanouissement culturel, bien plus honnête celui-là.
J'ai certainement amputé ou entaché la tranquillité familiale pendant mon temps mort. Et même si j'ai essayé de ne pas emboucaner tout le monde de mon état de chômeur, rien que mon physique le supputait. Mais bon, ça s'est super bien passé (enfin, de mon point de vue, je crois !).
En attendant, il ne va pas falloir traîner. Ce monde rotor va me confier une mission statique qui ne devra pas être impossible, enfin, pas pour moi.
Je fais ma check-list perso tous les matins et tous les résultats sont bons. Pas de stress (pas encore), pas d'appréhension, pas de honte, pas d'état d'âme, pas de barrière, pas d'embrouille, ma première ambition sera de leur montrer qu'ils ne se sont pas trompés.
 
Allez, au turf !

6 jours plus tard ...
Comment dire, heu … En fait j'ai pas oublié grand-chose pendant ces deux années de congé familial pour le moins, forcé. On dirait que je reviens de mes congés d'été (parce qu'il fait une de ces chaleurs, là-bas !) mais la reprise s'est faîte dans une autre entreprise !
Pour me mettre dans le bain, ils avaient pensé me néguer en me faisant commencer à 7h30 en ce jour d'intronisation ! Puis ils m'ont fait subir 3 heures de présentation très générale de la base. La sûreté intérieure, la sécurité, puis parachutage dans mon service, à l'EDIDPME, une tête d'épingle dans cet environnement de 82ha. Visite du hangar d'assemblage des rotors d'Alouettes, Écureuils, Super-Pumas et autres NH90, où je retrouve un ancien collègue de ma grande époque d'athlétisme. Puis ascension vers l'étage, là où les esprits s'élèvent, et présentation à la task force, "attention, le nouveau arrive !". 70 personnes à palucher. Je retrouve l'équipe qui m'est réservée, 3 gars et une fille. Je les garde. Pas de temps à perdre, il est l'heure de se garnir la panse, et là, c'est un grand moment. 6200 personnes sur le site, 6195 doivent déjeuner dans un des 3 restaurants de luxe, il y a toujours des absents  … pour un prix moyen de, j'ai honte, de 4 euros. Quand je dis déjeuner, c'est une entrée un plat un fromage un dessert, une boisson et un café si tu veux. Et si tu veux 2 plats tu t'en prends 2. C'est l'esprit cafétéria. J'ai proposé à Karine d'emporter des Tupperware le matin et de charger le plateau du midi pour le soir ! Top niveau. Tu comprends pourquoi tout le monde préfère manger à la cantine, avec les copains et les copines … je vais l'apprendre à Éva, celle là !
J'ai récupèré un PC et inauguré ma première réunion. Immersion totale. Ouh la la ! Ici on a beau livrer des hélicos aux Armées, j'en n'ai pas pour autant revêtis mon treillis camouflage, car ça tire de tous les côtés. Une grenade par-ci, un missile par-là.
1ère mesure d'urgence : il va falloir que je descende blindé dans ces confrontations, car il y a des vieux de la vieille, et qu'il va leur être simple de m'allumer car je ne sais pas de quoi ils parlent ! Faut que j'apprenne leur dialecte. Aujourd'hui, je suis "invité" et mon chef de secteur connaît bien son affaire. C'est mon supérieur direct. Celui que j'avais rencontré lors de l'entretien. Le courant passe bien, mais il n'a pas une minute à lui. Il a la gestion de 3 secteurs et j'ai la charge de l'un d'eux. Je rentre pas encore dans le détail, car c'est déjà encore un brin complexe pour moi. Les infos arrivent tous azimuts. Je stocke, on verra après. Dés fois, j'arrive (déjà) à faire des regroupements. J'ai constaté quelques dysfonctionnements, qui m'ont été acquiescés par ma cellule. Ça va, j'avance en terrain miné, mais je pense que la maîtrise du jargon local est indispensable aux premiers indicateurs de progression.
En tout cas, ça me va. 50 heures pour cette semaine de découverte, il me faut je prendre le rythme des réunions. C'est en moyenne 2 par jour, et une réunion, ça se prépare ! Rien que lundi 11 aprèm, j'en ai 3 ! J'ai retrouvé SAP, bon ça va, ça aussi, ça revient petit à petit.
 
Et j'ai revu Mister Magoo ! Le vendredi, on déjeune dans le seul reto ouvert sur le site, car c'est le jour des RTT, sauf pour les cadres et les intérimaires. Donc, j'arpentais les présentoirs de la cantine avec mon plateau à la main lorsque je me sens observé à 10h. Une petite forme sombre immobile au milieu de l'effervescence de tous ces électrons libres affamés, elle ne bougeait pas, on aurait dit Jean-Claude Dusse à la Gare Saint Lazare lorsqu'il cherchait son train sur le tableau d'affichage ! Je me détourne discrétos vers cette forme morte, et je reconnais mon bilingue. Il a fait fuir son regard, puis comme un serpent, s'est dissimulé dans la foule. Toujours pareil, même costard, même lunettes luisantes de gras capillaire.
 
Et pendant ce temps, Karine pouvait enfin compter sur une totale liberté dans l'utilisation de l'ordinateur familial !!!
 
J'y retourne …
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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 19:13
Comme il n'y avait rien à se mettre sous la canine entre ces fêtes à rallonge du mois de mai et la fête des mamans, je me suis trouvé un petit sujet de discute. Je m'en vais te narrer un peu mes recherches d'emploi. Oh, parce que pourquoi pas !
 
Vaste programme quand depuis près de 2 ans et près de 200 réponses à offres qui correspondaient précisément à ce que je recherchais, je peinais à me faire entretenir. Je ne suis pas de ceux qui déambulent sur les trottoirs, car l'aspect commercial, je préfère l'avoir en face, pour mieux le travailler au corps. J'avais bien essayé de passer par le portage salarial (le portage salarial, c'est effectuer une prestation pour un tiers et la faire facturer par un autre tiers, et cet autre tiers te salarie. Un indépendant salarié, quoi !), mais la clientèle, pas assez novatrice dans ce courant de pensées, bouda cette philosophie. N'en déplaise à l'ouvrier charpentier1. L'excellente idée apportée par lalaurenquestion, piqueuse de grandes surfaces et qui plus est, femme d'un honnête flic entre parenthèses, et surtout, cousine de germaine, donc l'idée de ladite, de créer une structure qui répond aux besoins du personnel médical libéral. Cette idée n'a (pour l'instant) pas donné de suite probante pour d'obscures raisons techniques et secrètes car on touche là, au milieu médical. Je répète, au milieu accessoirement médical. Mais cette idée là, déjà bien avancée, reste sous mon épicondyle. Je n'ai pas dit mes derniers maux, Jean-Pierre. On sait jamais, dès fois qu'on gagne des millions !
Donc, en attendant il me fallait sérieusement autre chose. J'ai par là même créé un blog de professionnel chômeur lamenté, lit sans scié, avec mon image en quadrichromie, à qui la terre entière professionnelle tourne le dos, pour je ne sais quelle raison. Mais quand t'y es au chômage, y en a qui pense que c'est contaminant. En tous cas ces cons te minent.
Mais, voilà que depuis le mois des fous, les choses ont un tant soit peu évolué en coulisses. J'ai créé des liens avec un cabinet de recrutements qui chasse sur les terres de hautes prestations. Grâce à un généreux concours de circonstances, un grand homme politique local, premier adjoint au premier magistrat phocéen (si si, lui-même), a recommandé en personne, mes capacités auprès de quelques entreprises locales, où son influence n'était pas renvoyée aux calanques grecques (phocéen - grecques, tu vois un peu si ça infuse !). Je persistais aussi à m'obstiner, voire même m'acharner à déposer ma candidature sur les sites espécialisés des grosses boîtes, dès qu'une nouvelle offre voyait le jour dans la vitrine. L'APEC, m'a également, en-fin devrais-je dire, orienté vers un atelier de recherches actives auprès d'un autre cabinet de recrutement, en charge de faire baisser les statistiques des "longues durées" dans mon genre.
Puis j'ai senti que la terre frissonnait sous mes pieds. Une pale communication, lundi dernier (le 14/05) m'invitait hélico presto à un débriefing, deux jours plus tard. Ce même 16/05 après-midi, un autre coup de fil brisa mon fuselage en me proposant un autre entretien rotor toujours avec cette même structure, mais pour une autre mission le 22. Décidément !
Mais, que ce passe-t-il, pour que l'on s'intéresse à moi de la sorte ?
Ma biographie n'est peut-être pas si mauvaise que ça. Je n'en ai jamais douté. Et bien, pour qu'une boîte comme ça, mette le nez dans mes affaires, c'est qu'elles devaient être rudement bien rangées (mes affaires) ! Agile comme l'écureuil, puissant comme un tigre, sans se faire plumer comme l'alouette, c'est bien, droit dans mes bottes, même si pour l'occasion, je chaussai d'adorables mocassins marron en cuir pleine fleur, que j'étais bien décidé d'en "découdre" avec le directeur de castings. La séance s'est sainement déroulée, de bons tons, une classique. Mais laisse-moi plutôt te conter la seconde, celle du 22. Viens, je t'embarque en caméra caché ...
 
... J’ai trouvé une perle comme jamais j’en avais tamisée !
J'ai donc rendez-vous avec un certain Monsieur x, pour un poste d'Acheteur, toujours chez Europehélico. C'est tout ce que je sais.
¾ heure d'avance. J'ai mis 30 minutes pour venir de la maison. Je poireaute un peu dans la voiture, à écouter Bourdin and Co sur RMC info, et à 8h45, je vais me signaler aux hôtesses d'accueil avec ¼ d'heure d'avance sur le rdv fixé.
Là, j'ai poireauté 30 minutes (+ mes 15 d'avance), mais sans Bourdin ! Sous l'écran plat qui distille une intro de présentation hélico en boucle avec de la musique zen faite de sons de bambous. J'en ai plein les oreilles. Presque plus de fauteuils de libre, je ne pouvais toutefois, changer de place pour me rapprocher de séduisantes personnes étrangères, seuls fauteuils libres à cette heure, sans attirer l'attention de tous les attendants de cette salle. Donc, je me farcis la soupe de bambous.
Puis, je vois débouler un homme pas très grand. Pas grand du tout, même, j'ai rien contre, mais c'est pour la suite, ...,  avec des lunettes luisantes, en costard sombre. Il me reconnaît, on ne s'est pourtant jamais rencontrés auparavant. Il a vu ma photo sur un CV que je n'ai jamais transmis ou plutôt il en déduit que c'était moi, car je suis le seul singleton masculin, dans ce vaste hall d'attente. Il a du réfléchir, c'est certainement un gros bonnet des Achats, ce mec. A peine, s’il se déride pour me murmurer un bonjour, qu'il tourne les talons et je comprends alors qu’il faut que je le suive, sinon il va commencer l'entretien sans moi ! Putain, vite, j’étais assis tranquillement, et voilà qu’il me teste déjà ? Moi, pendant mes années de gloire, j'ai jamais trop traîné dans les starting-blocks et j'ai des restes. J'ai déjà refait le décalage. Mais, même pas excusez moi, je suis en retard de ½ heure, suivez moi, quelque chose comme ça quoi ! Non, rien de ça.
Lorsqu’on passe le sas "patte blanche", il me montre du geste ce qu’il faut que je fasse du badge. "Ô mastre, je suis déjà venu la semaine dernière pour un entretien qui s'est relativement bien déroulé. Et en tous cas, qui avait bien mieux démarré !", lui parle-je dans ma tête. Et ça, c’est rien de plus qu’un démagnétiseur qui enregistre les fréquences de la carte magnétique qui m'identifie comme étant passé du côté obscur. On traverse quelques rues eurocopteroises dans le plus grand silence. Il doit avoir mal aux dents, peut-être ? On aurait dit Mister Magoo ! Tu te rappelles Mister Magoo, dans les dessins animés ? Hé hé je l’ai devant moi ! Un costume en alpaga un peu trop grand, ou alors s'était un petits bras car je voyais que ses dernières phalanges. Y devait plus y avoir de 16 ans, il a pris du XS. Tellement noir que on aurait dit qu’il venait d’enterrer toute sa famille, il ne pleurait pas mais pire, il chaussait du 36, comme Elise ! Heureusement, j’ai pas vu ses chaussettes. Titi, Walligator, Pokémon, ça restera un mystère.  J’ai même pas fait attention s’il avait une alliance en lui massant  la paluche. Même maintenant je ne me souviens plus s’il portait une cravate, ni quelle était la couleur de sa chemise grise !
On arrive devant un bloc d’Algeco. Un bloc, que dis-je un monument. Il prend l'escalier, un mec en descend, mais mon guide n'en a cure et effectivement au milieu il y a un léger forçage. Imperturbable, mais grâce à sa frêle carrure, il gravit les quelques marches pour arriver sur la plate-forme. Moi, j'ai préféré attendre que le descendant ait complètement descendu pour tenter l'ascension. Ce sont les réflexes de l'escalade, tu vas pas partir dans une voie quand un mec est en train d'en descendre ! Ce principe doit fonctionner ailleurs, je crois. Il m'attend, toujours sans mot dire, et peut-être qu'il commence déjà à me maudire (vouai, ça va !). On pénètre dans un long couloir et vers le milieu il sort son sésame, ouvre une porte à droite et nous pénétrons dans son bureau, j’ai vu son nom sur la porte : JP, un souvenir de se prénom me corse l’ambiance. JP était, aussi, un ancien colllllègue de travail, Directeur Commercial de son état, devenu quelques mois durant, manager du site de Marseille, mais quelques mois seulement. Il n'aimait pas grand monde et encore moins moi, et ça ne me gênait absolument pas. Mieux, ça m'amusait.
Un bureau à la Deniorset’, le successeur de JP qui sera aussi mon remercieur, avec une table ronde pour faire le chevalier. Mais ce n'est peut-être pas son bureau, car comme il ne s'est encore pas présenté, je ne sais toujours pas qui il est. Et là j’entends enfin le son de sa voix, dans le silence feutré de ce bureau, il vient de me demander un CV ! Comment il me convoque à un entretien, et il n’a pas de dossier sur moi ? Comment il m'a trouvé ? Je lui tends mon impressionnante biographie sur format A4 en double page, il la prend, me regarde pour la seconde fois depuis le début de notre rencontre et me dit, pressé : Eh bien, allez-y ! C’est un gag ? Même pas il se présente, il n’a pas pris de quoi noter, et il me fait démarrer en premier ! Je me sentirais bien de lui retourner l'ordre d'exécution !
Je sais même pas sur quoi je dois mettre l'accent, je ne connais pas le poste, ni le service, bon, on y va, on verra bien. C'est peut-être une technique locale pour tester ta déstabilisation. Manque de pot, je ne suis pas déstabillisé, au contraire. Je lui récite ma petite prose en version minimale, en lui laissant de quoi en placer une, pour quelques interrogations techniques. Mais, non, il ne saisit pas la perche. J'ai pas pu m'empêcher, volontairement et sereinement, de faire une petite finesse (je suis comme ça, moi) car il est affublé du même patronyme que la société pour laquelle j'ai pris les responsabilités du Service Achats, il y a 9 ans « tiens, une société qui arbore le même nom que vous », lui dis-je. Enfin, arborait, car elle a été absorbée et dissoute depuis. Impassible. Il ne devait pas la connaître, pourtant 155 ans d'âge, incontournable de toute la bordure Méditerranéenne pour toute la visserie boulonnerie.
Putain, quelle truffe, çui-là ! Je termine ma succincte présentation pensant qu’il allait enfin aborder mes compétences, mes capacités, mes motivations, mais NON. Ça ne l’intéresse pas. Il n’a pas envie de savoir. Je ne comprends pas pourquoi il m'a fait venir. Ou alors, je suis trop grand ? Je laisse un blanc meubler le silence. A ce moment, je commence à avoir des flashes sur l'entretien que j'ai eu quelques jours plutôt, ici même, enfin dans un autre bureau et avec un autre interviewer. Rien à voir. Attention, le voilà qui ouvre la bouche ! Il se met à parler, … en anglais. Oh Bonne mère ! Un mélange d’Alain Prost et de Michel Denisot. Chut, il m’explique le poste. Je comprends pas tout. C’est son accent que je comprends pas, en fait. Faut que je m'habitue, vite. Lui, faut pas être devin, il a appris l'anglais sur la promenade à Nice. Sûr. Donc, je me conditionne à saisir les mots essentiels. Bingo, ça va mieux. Puis il me demande ce que j’en pense !
Euh attends, avant, je t’explique ce que j'ai retenu : c’est un poste d’acheteur qui n’achète pas ! … !?!
Bon mouais, je lui baragouine trois merdes pour meubler, je lui dis en y mettant bien les formes et les "phrasal verbs" pour pas qu'il y est d'équivoques, que ça fait deux ans que j'ai pas parlé le shakespearien, et que, le temps d'aérer toutes les chambres, et ça ne sentira plus le renfermé. Puis, il me demande si le fait que je ne connaisse pas les termes hélicoptèriens est un problème pour moi. Listen my mate, of course not, sir ! My job is to solve enigmas, if I don’t know the subjects, it’s my professionalism to learn them! Je ne le regarde plus. Lui ne m'a jamais trop regardé. Puis il me demande si ce qu’il vient de me présenter me convient ? Dans ma tête j’ai envie de lui répondre : « je commence quand ? ». Mais de savoir que je pourrai travailler avec un flan pareil, je me ravise, et lui lance, que je suis à l’aise in any part of purchasing, et je confirme, any !
J'ai dû tellement le persuader qu'il se repousse de sa chaise, se lève, remet sa veste et m’apprend que c’est terminé. Quoi ? ça fait même pas 25 minutes qu’on est rentré !!! Et il me dégage ! Pendant ce bref entretien, je t’ai dit que j'ai souvent pensé à l’entretien de mercredi dernier. Là, j’avais trouvé l’atmosphère détendue, un interlocuteur curieux, presque enclin à plaisanter. Rien à voir, mais alors absolument rien à voir avec aujourd’hui. Et dire que j’étais là à 8h15 ce matin pour un rencard à 9 ! Y avait dégun pour sortir de Marseille, j'ai écouté les conseils de ma sœur qui utilise tous les jours cet échappatoire, remonter la Blancarde, descendre Libération, prendre Gambetta, et remonter à la Gare pour choper le tunnel, et zou, direct sur la route à radars. Je me sentais bien, comme mercredi. Mieux même, mercredi m’avait boosté. 8h15 Pour ça !!
Bon on se lève tous pour … la sortie. Couloir, il ferme son bunker, on sort de l’Algeco, et retour à l’entrée par les mêmes ruelles qu'à l'aller, les mêmes petits pas et le même silence. Arrivés au sas "patte blanche", il me dit un au revoir que je traduis en adieu, sans lui demandé s’il me rappellera, quand il me rappellera, ou taratata.
Lui, faut l’empailler, l'analyser, sinon l'humanité toute entière va perdre l'identité de cette espèce humaine à sa disparition, ou le bromurer justement pour pas qu'il féconde.
 
Enfin, en fin d'aprèm de cette même journée, après une mini semaine de réflexion et de comparaison sur toutes les nouvelles têtes testées, la Direction de les Ressources très Humaines a compris que j'en avais sérieusement marre de cette longue traversée d'inaction tout à fait improductive, et totalement éloigné du monde de ceux qui se lèvent tôt. Elle a appliqué les nouvelles directives présidentielles officiellement officielles et a décidé, sans que je les force, de me confier un petit bout du gâteau, en pleine confiance. Ils me l'ont bien dit, "on te promettra pas les toujours du grand soir, mais juste pour l'été, à manger et à boire, à tous les recalés de l'âge et du chômage, les privés du gâteau, les exclus du partage, si nous pensons à vous, c'est en fait égoïste, demain, nos noms, peut-être grossiront la liste " Ce à quoi je leur rétorquais "aujourd'hui, on n'a plus le droit, ni d'avoir faim, ni d'avoir soif." Et ils me disent que "j'ai pas de solution pour te changer la vie, mais si je peux t'aider quelques heures, allons-y, y'a bien d'autres misères, trop pour un inventaire, mais ça se passe ici, ici et aujourd'hui."2
 
J'ai trois enfantes en bas âge, c'est des filles, c'est pour ça qu'il y a un "e". Ma femme ne reprendra pas son emploi, pour plein de raisons dont celle, noble et principale, de veiller à l'éducation de nos enfants. Nous avons une bonne morale, nous n'allons pas à la messe, certes, et nous souhaiterions transmettre nos valeurs à nos fifilles, attachantes et si délicates. Pour ça, elle a à sa disposition un cahier des charges en béton, avec moult contraintes parentales. Aussi, notre situation nous poussera à passer, dès le mois de juillet, l'été dans un mobil home immobile ensablé sur un bout de terrain sablonneux infesté de moustiques. Cette petite aide est la bien venue.
 
Mon manège enchanté décollera dès le 4 juin, chez le fabricant n°1 mondial d'hélicoptère civil et militaire, filiale du grand groupe de la déesse. Ils ont été gentils avec moi, ils ne m'ont pas proposé de faire la plonge du self, je l'ai déjà fait en son temps, en grandes pompes en Grande-Bretagne, ni de recréer une série à la française de Supercopter, mais bien de mettre mes capacités, à faire (ce qu'entre autre je sais un peu faire), je veux parler de mes compétences dans la fonction Achats. Je vais occuper les modestes fonctions de Manager du service Appros mécaniques. Team Leader y z'appellent.
Va falloir tenir la rampe et faire la bonne soudure !
 
Aussi, lorsque je vois qu'une boîte comme ça, reconnaît mon potentiel dans cette fonction, je suis gêné, et presque amer en pensant à tous ceux avec qui j'ai correspondu depuis maintenant 2 ans, et qui n'ont pas cru en moi. Leur boule de cristal est à remiser. Qu'ils se rassurent, tout ce qui m'a été proposé était nettement inférieur à ce que je vais vivre. Tant mieux, car je n'osais espérer pouvoir approcher ce type de poste dans ce type de boîte.
I-nes-pé-ré.
 
Dois-je signaler l'état de grâce dans lequel je me trouve sans outrepasser mon humilité ?
Dois-je exprimer l'état de relâche cérébrale dans lequel notre Brigade se sent soulagée ?
Non ? Bon, tant mieux, aujourd'hui c'était ma fête !
 
What else ?
 
1 Contrepèterie
2 Sans porter atteinte aux Restos du Cœur, c'est plus un hommage qu'une piètre moquerie. Tout ça pour végéter dans du 2d degré.
Respect.
 
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4 avril 2007 3 04 /04 /avril /2007 22:28
J'étais tranquille, j'étais pénard, dans une ambiance d'arrière salle feutrée du Palais des Congrès du Parc Chanot. J'étais venu faire un tour d'horizon sur ce salon qui réunit les professionnels de la vie éducative, les fournisseurs de matériel pédagogique et de livres, et tous les partenaires des écoles. Je m'attardais chez un fournisseur de stylos et demandais rien à dégun lorsque un brouhaha monte d'un coup, ça flashe, ça crépite, ça interpelle, …Je tourne la tête et je me trouve côte à côte avec notre vice président du Sénat. Enfin, c'est plutôt lui qui se trouve côte à côte avec moi, là à moins d'un mètre. Il s'était avancé pour palucher le gars du stand Reynolds, les stylos qui signent les amendements tous seuls. Et le mec de Reynolds qui se fend d'un brin de zèle, prends dans la caisse deux stylos bleu et un feutre noir, et le voilà qui les enquille pas à J-C !
Tout aussi surpris, car il a de quoi quand même se payer des crayons, il a des supers budgets pour ça et même il lui arriverait de vouloir se faire un cadeau, il en a les moyens. Mais, le J-C, en mauvais relayeur, attrape gauchement de la main droite, la poignée remise par le chaland, lorsque le feutre se détache du lot et sautille par-dessus les autres. Un geste de rattrapage n'y changera rien, il n'a pas envie de finir dans le veston de Monsieur le Maire de Marseille (avé l'accent, si vous plait). Alors, il essaye de s'échapper en tombant à mes pieds. Tout le monde pour regarder le feutre de jais allongé sur la moquette. Y'en a peut-être qui attende qu'il remonte ? En tout cas il est au sol, et le temps s'est figé. Tout se passe au ralentit. Je file un coup de périscope, le mec de Reynolds coi, s'il pouvait enjamberait son stand et se ferait place entre nous, pour venir cueillir son produit, et quiconque dans l'assemblée des suiveurs ne pourrait non plus se porter ramasseur de feutre sans me bousculer le bras. Faut dire que je fais baraqué, aujourd'hui, encore plus que d'habitude ! Là, j'ai mon blouson de moto, le renforcé aux coudes et aux épaules et cintré à la taille, alors ça impose, tu vois. Même les 2 gars de la garde rapprochée ont eu pendant une nanoseconde, l'intention de venir quérir l'outil à signature, mais se sont illico ravisés. Mon regard pétrifia l'assemblée, tous comprirent que c'était à moi d'intervenir. Je me baisse lentement (on est toujours au ralenti, je te rappelle), j'attrape l'engin dans un silence de cathédrale, je perçois des claquements de dents derrière. Au toucher, j'en vérifie la conformité, et en me redressant je fais comprendre à l'assistance qu'il est bien conforme. Un soulagement général s'est fait ressentir. Un gros ouf d'apaisement. Bon, faut dire que je n'ai pas forcé mon talent, j'ai tellement analysé Jack Bauer de la Cellule Anti-Terroriste (le héros de l'excellente série 24 heures chrono), j'ai étudié chacun de ses états comportementaux, - même lorsqu'il n'avait pas de veste ou comme moi, de blouson de moto - que ce geste m'est venu quasi naturellement. Une intervention propre et sécurisée. Jack Bauer, c'est 24 rencontres par an depuis 5 ans, j'ai même adopté sa besace, c'est dire la fascination. Alors, cette opération était pour moi. Tout s'est passé sans oreillette, et je tends donc à César ce qui lui appartient désormais, et l'homme qui me fait face, le vice président de notre Sénat, s'en saisi. Le ralentit retrouve sa vitesse normale, les chuchotements, les bruits de fond reviennent à mes oreilles, il me serre chaleureusement la main. S'il avait pu m'embrasser, il l'aurait fait. Mais la presse est là, et comme la campagne démarre, ce n'est pas le moment de donner du grain à moudre. J-C me remerciera, et me confiera que ses reins bloqués le condamnent à se tenir droit ! Encore merci, puis il s'est éloigné à une allure de sénateur, suivi de sa cour, il tournait vers les stands "lecture". Si j'osais, je lui conseillerais la lecture du Petit Nicolas … de Sempé.
 
Bon, mais j'étais pas venu pour ça, moi. Je voulais approcher l'adjointe au maire, déléguée à la petite enfance. Elle s'était enquillée au milieu du bunker humain qui suivait le Maire de Marseille et ce tsunami sur pattes ne laissait place à la rencontre.  Quand bien même j'eus pu l'interpeller, elle n'était pas là pour une prise de rdv. Tant pis, je passerai par la fenêtre. Mais j'ai quand même fini mon tour pour collecter quelques bons renseignements. Jack Bauer oblige.

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