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Bonjour '

  • : les z'élucubrations de la Brigade Geffroy
  • : Retrouve nos commentaires décalés mais sérieux sur les évènements du grand almanach, ... et un peu des nôtres, aussi.
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9 juin 2007 6 09 /06 /juin /2007 12:51
A l'heure où tous vont retrouver les douces vacances, le farniente, la nonchalance, moi je vais sortir du bois.
 
Chemise repassée avec les plis, la cravate, des chaussettes propres, un costume impeccable, mon cartable est prêt, mes souliers cirés. Oh, il n'y a pas eu grand-chose à faire, car je caressais l'espoir d'une remise en orbite soudaine. C'est mon côté optimiste, la confiance en ma bonne étoile. Et donc, remis de cette formidable opportunité à l'aventure qui m'attend, j'ai taillé mon crayon noir et rempli d'encre mon plus beau plume. La moto est briquée. C'est elle qui va m'accompagner, ce lundi 4 juin.
L'appel des nouveaux est prévu à 7h30, comme à l'armée, à la montée des couleurs. Carte d'identité, badge d'accès, patte blanche, et direction la formation des nouveaux élèves : la sécurité. Ça doit être pour la sûreté industrielle ?! On verra bien.
Ahrrr ! Commence pas à poser des questions, je sais pas combien ça dure. Tu crois qu'ils m'ont envoyé le planning à la maison, ou quoi ? Ils auraient pu ? Eh bé, ils l'ont pas fait. Comme ça, y a surprise. Après, on ira au réfectoire pour se sustenter quelque peu de ce bas thème de l'aire. Et non, j'ai pas encore le menu, non plus ! Mais pour faire mastiquer 6000 bouches, la cantine doit être impressionnante ! Je prendrai des photos.
Ah ! Ils ne m'ont pas dit à quelles heures étaient les récrés ! Faudra que je sache, vers quelle heure je pourrai avaler mon goûter, une barre de céréales et 2 BN.
Bon, va falloir se re-laver tous les jours. Quoi, j'en vois qui sont surpris ! Au prix prohibitif du m3 d'eau (Véolia ne nous faisait pas de cadeau, même avec la carte de l'anpe) et c'était pas évident d'acheter du savon au ph neutre. Et c'est certainement pas avec ce que me donnaient les "ass" et "dick" que je pouvois mener grand train (je me rends compte, seulement maintenant, de ce qu'apporte la traduction anglaise de ce centre de paiement grivois) poët-poët. Va falloir aussi se re-raser tous les jours. Je vais pouvoir me racheter un peu de sent-bon. Puis, faudra changer de chemise tous les jours, de pantalons, …. Etre impeccable. Ça implique des frais tout ça. Je vais me renseigner, voir s'il n'y a pas un pressing sur place. Il faut se re-sociabiliser. Il parait même que je peux y aller en car. Tu te rends compte, y viennent te chercher à la maison !!
 
En tous cas, cette parenthèse professionnelle m'aura servi à voir grandir ma petite Éva. Vu le temps que j'ai passé avec elle, c'est une période que je ne regrette pas. Éva, elle a vu son papapasencongésparental à la maison depuis deux ans. Elle est maintenant prête pour rentrer à l'école. Et elle ne comprend pas quand je lui dis que je vais aller au boulot. Eh que non, elle n'a pas connu autre chose ! Ça aura aussi été bénéfique à Élise de me sentir là, suivre de près, son année de CP. De l'organisation des devoirs le soir, avec Mathilde. Ça n'enlève rien à Karine, au contraire. La complémentarité a été de mise. Puis, ça a stabilisé Mathilde, ma grande, à recouvrer la concentration. Pour que cette année de CM2 se poursuive mieux qu'elle n'avait démarré (sa maîtresse, qui avait été malmenée par une enfant puis par sa mère, avait été soustraite de l'école parce qu'elle a claqué l'insolente). Absences, maladies, remplacements, son année scolaire préparatoire à l'entrée en sixième à débuté le 27 novembre ! Ma disponibilité l'a certainement sécurisée. C'est d'ailleurs en regardant les lendemains de nos filles que nous avons décidés (bien avant l'héliportage de la bonne nouvelle) que Karine devrait changer de boulot, elle aussi, pour prendre le rôle de mère au foyer, après son congé parental. Adieu les cuistres sonnettes, bonjour l'épanouissement culturel, bien plus honnête celui-là.
J'ai certainement amputé ou entaché la tranquillité familiale pendant mon temps mort. Et même si j'ai essayé de ne pas emboucaner tout le monde de mon état de chômeur, rien que mon physique le supputait. Mais bon, ça s'est super bien passé (enfin, de mon point de vue, je crois !).
En attendant, il ne va pas falloir traîner. Ce monde rotor va me confier une mission statique qui ne devra pas être impossible, enfin, pas pour moi.
Je fais ma check-list perso tous les matins et tous les résultats sont bons. Pas de stress (pas encore), pas d'appréhension, pas de honte, pas d'état d'âme, pas de barrière, pas d'embrouille, ma première ambition sera de leur montrer qu'ils ne se sont pas trompés.
 
Allez, au turf !

6 jours plus tard ...
Comment dire, heu … En fait j'ai pas oublié grand-chose pendant ces deux années de congé familial pour le moins, forcé. On dirait que je reviens de mes congés d'été (parce qu'il fait une de ces chaleurs, là-bas !) mais la reprise s'est faîte dans une autre entreprise !
Pour me mettre dans le bain, ils avaient pensé me néguer en me faisant commencer à 7h30 en ce jour d'intronisation ! Puis ils m'ont fait subir 3 heures de présentation très générale de la base. La sûreté intérieure, la sécurité, puis parachutage dans mon service, à l'EDIDPME, une tête d'épingle dans cet environnement de 82ha. Visite du hangar d'assemblage des rotors d'Alouettes, Écureuils, Super-Pumas et autres NH90, où je retrouve un ancien collègue de ma grande époque d'athlétisme. Puis ascension vers l'étage, là où les esprits s'élèvent, et présentation à la task force, "attention, le nouveau arrive !". 70 personnes à palucher. Je retrouve l'équipe qui m'est réservée, 3 gars et une fille. Je les garde. Pas de temps à perdre, il est l'heure de se garnir la panse, et là, c'est un grand moment. 6200 personnes sur le site, 6195 doivent déjeuner dans un des 3 restaurants de luxe, il y a toujours des absents  … pour un prix moyen de, j'ai honte, de 4 euros. Quand je dis déjeuner, c'est une entrée un plat un fromage un dessert, une boisson et un café si tu veux. Et si tu veux 2 plats tu t'en prends 2. C'est l'esprit cafétéria. J'ai proposé à Karine d'emporter des Tupperware le matin et de charger le plateau du midi pour le soir ! Top niveau. Tu comprends pourquoi tout le monde préfère manger à la cantine, avec les copains et les copines … je vais l'apprendre à Éva, celle là !
J'ai récupèré un PC et inauguré ma première réunion. Immersion totale. Ouh la la ! Ici on a beau livrer des hélicos aux Armées, j'en n'ai pas pour autant revêtis mon treillis camouflage, car ça tire de tous les côtés. Une grenade par-ci, un missile par-là.
1ère mesure d'urgence : il va falloir que je descende blindé dans ces confrontations, car il y a des vieux de la vieille, et qu'il va leur être simple de m'allumer car je ne sais pas de quoi ils parlent ! Faut que j'apprenne leur dialecte. Aujourd'hui, je suis "invité" et mon chef de secteur connaît bien son affaire. C'est mon supérieur direct. Celui que j'avais rencontré lors de l'entretien. Le courant passe bien, mais il n'a pas une minute à lui. Il a la gestion de 3 secteurs et j'ai la charge de l'un d'eux. Je rentre pas encore dans le détail, car c'est déjà encore un brin complexe pour moi. Les infos arrivent tous azimuts. Je stocke, on verra après. Dés fois, j'arrive (déjà) à faire des regroupements. J'ai constaté quelques dysfonctionnements, qui m'ont été acquiescés par ma cellule. Ça va, j'avance en terrain miné, mais je pense que la maîtrise du jargon local est indispensable aux premiers indicateurs de progression.
En tout cas, ça me va. 50 heures pour cette semaine de découverte, il me faut je prendre le rythme des réunions. C'est en moyenne 2 par jour, et une réunion, ça se prépare ! Rien que lundi 11 aprèm, j'en ai 3 ! J'ai retrouvé SAP, bon ça va, ça aussi, ça revient petit à petit.
 
Et j'ai revu Mister Magoo ! Le vendredi, on déjeune dans le seul reto ouvert sur le site, car c'est le jour des RTT, sauf pour les cadres et les intérimaires. Donc, j'arpentais les présentoirs de la cantine avec mon plateau à la main lorsque je me sens observé à 10h. Une petite forme sombre immobile au milieu de l'effervescence de tous ces électrons libres affamés, elle ne bougeait pas, on aurait dit Jean-Claude Dusse à la Gare Saint Lazare lorsqu'il cherchait son train sur le tableau d'affichage ! Je me détourne discrétos vers cette forme morte, et je reconnais mon bilingue. Il a fait fuir son regard, puis comme un serpent, s'est dissimulé dans la foule. Toujours pareil, même costard, même lunettes luisantes de gras capillaire.
 
Et pendant ce temps, Karine pouvait enfin compter sur une totale liberté dans l'utilisation de l'ordinateur familial !!!
 
J'y retourne …

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Published by La Brigade Geffroy - dans 2007
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commentaires

PEPRO 11/06/2007 11:11

Bien rédigé (souvent au premier degré,ouf)j'attends la suite des aventures héliportées;en attendant,je vais tirer sur imprimante les souvenirs d'hier;merci donc et à bientot

karine 10/06/2007 22:09

Concernant l'utilisation de l'ordinateur, je ne pense pas pouvoir surfer sur le net bien longtemps, puisque désormais je vais surfer sur ma planche.... chemises oblige !Mais bon, c'est pour la bonne cause.