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  • : les z'élucubrations de la Brigade Geffroy
  • : Retrouve nos commentaires décalés mais sérieux sur les évènements du grand almanach, ... et un peu des nôtres, aussi.
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3 mars 2007 6 03 /03 /mars /2007 00:00
-  Oh ! Oh ! Oh ! Mais où tu vas avec tout ça, tu déménages ? C'est une voiture qu'on a, … pas un wagon !
-  T'as pas oublié les chaînes ? me court-circuite-t-elle !
 
Les départs à la neige ça commence toujours comme ça. On s'en fout s'il y a de la neige, en fait. Dans l'instant présent, on est tous dans l'effervescence du départ. On a la tête dans l'espace optimisé dans l'Espace. Enfin, pour nous c'est un Scenic.  Les minotes veulent déjà revêtir les combinaisons, et toi, tu fais le tour, dans ta tête, de tout ce que tu ne dois pas oublier, et comme le tour, tu le fais sans bouger, et les yeux fermés, évidemment à un moment il manquera quelque chose. On parie ?
Les sacs, les après-ski, les couches, la bouffe, on est transport de marchandises avant d'être transport de passagers ! La voiture est pleine comme un sous-marin. Comme un téléphérique plutôt, c'est de circonstance.
Derrière, elles ne peuvent plus bouger. Si y'en a une qui bouge, quelque chose va glisser et venir s'intercaler dans l'espace soudain laissé libre. Alors là, ça va commencer, à marronner grave, à chouiner, à pleurnicher, à me gonfler.
Les doudounes et anoraks déposés bien à plat sur la plage arrière retrouvent un peu d'air et se regonflent pour me laisser l'équivalent d'un rétroviseur de dégagement de la lunette arrière. Autant dire que j'y vois que dalle.
Sur le toit, j'ai fixé les skis. Enfin je les ai attachés, dès fois qu'ils s'envolent ! Arrimés est plus approprié, avec tous les cordages que j'ai mis, on dirait, en fait, qu'on part dans le Périgord pour une semaine de macramé.
 
On a toutes les cassettes des grands voyages (et vouai, nous on a encore une voiture à cassettes) : Nana Mouskouri, Gilbert Bécaut en chaussettes à l'Olympia, les valses de Strauss, Luis Mariano … on se les passera en boucles. Euh, j'en ai tellement eu l'écoute pendant mon enfance, que dès que je pars en grands voyages, j'ai automatiquement ces musicassettes qui reviennent à l'oreille. Heureusement, on a aujourd'hui nos cassettes, puis on a la radio, aussi ! Déjà, on va se caler sur 107.7 FM pour savoir s'il n'y a pas de bouchons à Aix, à Manosque, ou à Sisteron ! Après, on se mettra Cabrel, Pink Martini ou les Têtes Raides.
-  Regarde-moi le ce con, là, avec sa 307. Y se croit où ? C'est un malade ce mec. On est aux Aygalades, qu'y roule déjà à 150. Tu vas voir le radar là-haut, mon coco. Il est pressé de prendre le tire-fesses, ce con. Le photographe, y va te faire la photo pour le forfait, tu vas voir ! Allez Sarko, fais la photo !
Ça y est on quitte Marseille. Là, on est en vacances, on peut le dire maintenant.
-  Les filles, aujourd'hui on s'arrêtera pas à Montélimar-Nord pour la traditionnelle pause petit-déj. Normal, on va à Risoul. Donc, on prend à droite, comme pour aller chez Patrick et Solange, mais aujourd'hui, on va continuer longtemps.
-  Quand c'est qu'on arrive ?
Ça c'est la phrase d'Elise, chaque fois qu'on part en voiture.
Tout le temps, même quand on monte au Géant, à la Valentine. Je ne réponds pas. D'abord parce que j'en sais rien. On va bien mettre 3 heures en roulant tranquille. Puis de toutes manières, elle va le redemander.
 
Je roule et je me remets le road-book en place : alors, on va sortir à Tallard. Tallard, c'est à côté de Turriers. Turriers, dans le 04 ! Quoi, tu connais pas Turriers ? Y'a bien que toi, alors. 1040m d'altitude, 270 habitants, c'est le village de vacances de mon père, quand il était petit. Turriers est un village quelque peu hétéroclite, construit de guingois, avec ses maisons éparses. Lui, il était dans la maison la plus élevé du village, là-haut à la croix.
La plus grande richesse de Turriers est assurément une magnifique nature préservée, ses champs cultivés dessinant, vus d’en haut, de jolis motifs jaunes et verts, tandis que les collines boisées et les montagnes appellent aux ballades et randonnées, qui vous feront découvrir une flore remarquable ainsi que plusieurs espèces rares de papillons, “Apollon” et autres “Alexanor”… et de grillons nocturnes aussi, hein Isa ! Ah, Turriers …
Allez, roule ma poule, on va éviter Gap. Et se prendre une petite route secondaire pour monter jusqu'à Embrun, on aura laissé ceux des Orres, aller tranquillement aux Orres. Nous on monte encore un peu.
-  Tant y'a pas de neige ? s'inquiète Mathilde. Parce que sur internet, la Webcam, elle te montre que là où il y a les canons à neiges. J'ai regardé, hier, il y avait 1m sur le front de neige et 1,60 en haut.
-  Eh bé, si y a de la neige, on glissera, et si y'a pas de neige, on ira balader ! On descendra à Mondauphin. S'il fait beau on va se régaler. Mondauphin, à l'entrée du Quéyras, candidate à l'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco. C'est une place forte, réfléchie par l'ingénieux ingénieur Vauban, celui du quartier et de bien d'autres forteresses du Roy Loulou ze fortine, qui s'était rendu compte du danger de ses frontières alpines mal gardées. Il jetta son dévolu sur le Dévoluy et demanda à  son constructeur de structures militaires d'y faire quelquechose d'imprenable. Bon, elle n'a jamais servi, mais elle est pensée dans les moindres détails. Et pour l'époque, c'était pointu ! Un chef d'œuvre d'art. On pourra monter, aussi dans le Quéyras. Magnifique zone, où la nature est omniprésente. On va se dépolluer les sens.
Une fois que t'as passé Manosque, y a dégun sur cette autoroute. Personne jusqu'à 4 kilomètres du péage. Les vacanciers avaient décidé de se retrouver tous avant le péage. Bon, ça reste quand même la plus chère de France, y'a peut-être un rapport ! Le péage, on l'a vu lentement arrivé. L'an prochain, c'est promis, je sors à Sisteron Nord, sortie 23 !
-  Dis papa, pourquoi la neige elle est blanche ? demande Elise.
-  Ça commence, la bouteille de lait ? Tu sais, la neige c'est de l'eau sous forme solide, en forme de flocons. Et ces flocons présentent des facettes brillantes qui reflètent la lumière. Comme toutes les couleurs sont réfléchies, on voit du blanc.
Tu vois, c'est pas compliqué.
Là on est tranquille pour quelques kilomètres.
 
Avant quand tu montais à la neige, fallait se frapper la route des Alpes ! Une véritable galère. Tu pouvais jamais doubler. Si tu t'encapais un camion, tu te le prenais jusqu'à Gap. Alors dès fois, tu te forçais l'envie de la pause pipi, pour pouvoir t'arrêter … pour pisser, puis pour te faire 4 foulées de décontractions par 5°. Tu traversais tous les patelins. Tu visitais, quoi ! Tu cherchais le gendarme. Y'en avait toujours un sur sa BMW1000R, bien enveloppé dans sa combi bleu-pétrole, il traquait le touriste. Un jaloux. Maintenant, tu ne visites plus que la station de péage ! Et tu reçois la photo à la maison, comme pour celui de la 307, parce qu'il a du se la prendre, la commande, lui. 
 
Wouahou ! La température a chuté bien-bien ! Ici, il fait 2°.
L'hiver, quoi.
3 barjots n'ont pas assez froid, ils ont décidé de se faire planer dans un planeur dans la plaine. Un raccourci par-ci, une déviation par-là, on a évité Gap. Pas la boutique, la ville ! Toi, t'y as pas fait les soldes !
 
-  Attention, on va traverser sur l'eau ! annonce Karine.
-  QUOI ! panique Mathilde.
-  T'inquiète, on traverse sur un pont, le lac de Serre-Ponçon. Il est bas, hein ! Et c'est pas avec la fonte des neiges de cette année qu'il va se remplir !!!!!! rassurè-je ma grande.
La route est belle, et dégagée, mais on va éviter aussi les Embruns. Après on sera tranquille.
Guillestre-Gare. Tic-tac-tic-tac, ça va être à nous, Guillestre-les-Bains-sur-Neige, on tourne à drohite, et c'est parti dans les lacets.
-  Les filles, on va avoir les oreilles qui vont se boucher doucement et gentiment pendant l'ascension ! C'est pas grave, ça se débouchera lentement une fois là-haut.
 
Bon, on est arrivé. Éva a sagement gazouillé pendant tout le trajet, comme à son habitude.
Ici tout est blanc.
C'est où qu'on dort ?
Mais avant faut vider le wagon.
A nous les vacances, ... demain on glisse ! On va se faire des bleues, des rouges, peut-être des noires, si on se les sent …
 
Allez, à bientôt à Marseille, tu viendras mater les photos.

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Published by La Compagnie Geffroy - dans 2007
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commentaires

Karine 15/03/2007 19:31

Isa, il reste un fond dans la bouteille du gratte-cul. Alors, à ta santé !

Isa 15/03/2007 18:36

Moi aussi je me suis régalée entre les doudounes et les sandwichs au jambon....mais ce que j'ai préféré c'est " le gratte-cul". A+.

tonton 13/03/2007 06:55

excellente la narration;tu as un certain talent d'écrivain!et je comprend maintenant le silence courriel de la quinzaine.A +++R

Pountchu 11/03/2007 23:12

... et le chargeur de piles pour le numérique ! Mais ça va on t'a ramené des images.

Karine 11/03/2007 23:03

Et voilà, on a pas assez tourné : le BANANIA est resté dans le placard !