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  • : les z'élucubrations de la Brigade Geffroy
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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 16:43

Ça devait être une partie de plaisir le temps d'une sieste simulée après un shoot de xylo, ça a été un carnage, que dis-je, une boucherie pendant la moitié de l'aprèm. Pour en arriver à quoi ? A me laisser repartir comme j'étais venu.

 

Que je t'explique :

Pour satisfaire à quelques gracieuses séances de bricolage à l'école d'Éva. Mais ne voilà t-il pas qu'en ouvrant le rideau métallique, mon meilleur doigt de ma meilleure main s'est retrouvé écrasé entre le bas du rideau remonté, et son coffre de logement, sous l'influence d'un ressort plein de stéroïdes anabolisant de testostérone. Là, bien sûr, j'ai tiré parce que ça m'a un peu pincé. Une goutte de raisiné croisa mon regard et lorsque mes yeux regardèrent ma main, la guillotine avait partiellement fonctionné en dégoupillant la partie haute de mon majeur, à la base de l'ongle. Oh putain, le bout du bout pendouille à un brin de chair ! Un bout de Knaki plein de ketchup !

Je l'ai recapuchonné avec le pouce, enrobé dans la glace que je destinais à mon Ricard dominical, et en route vers les Urgences.  What else ?

Infirmières, radio, Docteur House me fait recoudre. Et pour que ça repousse droit, Nicolas le jardinier de l'Hôpital, propose la pose d'un tuteur. Une broche, quoi ! Mais avec la particularité quelle affleure le bout du doigt. Plus facile le jour où il faudra la retirer, on aura qu'à tirer ! Une bonne séance de manucure savamment organiser dans un hôpital de campagne ouvert aux 4 vents et la conclusion sidérante mais reflétant de réalité, j'avais bien été amputé, putain ! Un mois d'arrêt de travail ! Bon, en attendant, j'ai toute une batterie de soins un jour sur 2 à la maison et hebdomadaire au dispensaire de l'hôpital du service du centre de la main.

 

Va tenir, toi, avec un bout de ferraille inoxydable sans te taper le doigt, le plus long ! Même avec le gros tampon, et même en faisant attention, obligé tu te le tapes. En ouvrant un tiroir, un placard, une porte, en filant une calbote aux minotes, en ouvrant une fenêtre, en sortant de la douche, en essuyant la table, en cliquant sur le mulot, enfin les occasions n'ont pas manqué. Donc la broche s'est enfoncée, et quand ils ont voulu la retirer, elle était bien tapie au chaud et à montrer de la résistance. Mais rien ne rebute un interne, même l'éventuelle douleur que je pourrais ressentir. Ni une ni deux, une seringue un litre d'anesthésiant, et 2 piquouzes à la base de chaque côté du doigt, là sur la table de soins de l'infirmerie du dispensaire du centre de la main de l'hôpital public plein de courants d'air de la Conception. Il fait un peu chaud, je dégrafe le haut de ma chemise, et, ... je me retrouve assis sur ma chaise basculée sur le dos avec 2 infirmières qui me tiennent chacune une jambes en l'air, 1 autre qui m'a placé son gonfleur sur le bras pour me prendre l'attention, l'interne accroupie à droite et une autre infirmière venue en renfort légèrement vêtue sous sa blouse, derrière ma tête, sous mes yeux. J'avais sombré !! Évanouissement dans les pommes. Plus de risque. On se file rencard pour la radio puis pour le retrait dans un lieu officiellement conforme : le bloc opératoire.

Le jour venu, en chirurgie ambulatoire, je me dépouille de mes frusques pour me mettre en conformité avec la tenue exigée pour le repaire du bistouri, tout nu sous le chasuble. A poil pour me retirer 1,5 cm d'une aiguille de seringue dans le doigt rentrée sous 0,5 cm. Un contraste avec le bloc des urgences où tu arrives en lambeaux crasseux et où on prend aucun égard pour la nosocomialité, bon on n'a pas trop le temps. Les urgences, c'est quand c'est urgent !

Pendant l'intervention une infirmière échangea un tir de seringues sur un interne de passage à découvert. La guérilla dura bien 5 minutes. Je me trouvais allongé au bloc avec tout le bordel dessus (couverture, champs, tensiomètre, ...) en plein séance de tirs de seringues de compétition. J'étais rentré pour 1/4 d'heure, je suis resté 1h1/4 sans que le chirurgien en devenir n'ai pu extraire la broche récalcitrante. Au bout d'un moment de tripotage,  j'entends Damien, mon urgentiste que je retrouve pour la phase finale me dire : " Sois je tire et la phalange vient avec, soit on incise partout, soit on la laisse au chaud car elle s'est prise le cartilage et au bout d'un moment, l'os la rejettera, et elle remontera vers le bout du doigt. A ce moment là on ré-incisera pour la sortir ".

J'ai pas osé soumettre l'idée du tire-clou ! Il a même usé d'un aimant pour l'appâter. Quand ils ont commencé à parler d'aller chercher un marabout, j'ai jeté l'éponge. Tu vas voir qu'avec cet émetteur à la con dans le doigt, ça va carillonner aux portiques de sécurité dans tous les bons aéroports.

Heureusement que je suis allé au centre de la main et pas en chirurgie générale !

 

L'instant de sieste simulée a donc été plus long que prévu. L'histoire d'un dimanche où pour vouloir verrouiller, j'ai un peu dérouillé !

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Published by La Brigade Geffroy - dans 2009
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