Siégué lou ben vengu
Toi aussi, tu connais une brève de comptoir, une contrepèterie, une phrase bien délirante, ou une
belle connerie à dire ou à penser, alors, dépose-la ici.
Viens voir, on en a plein !
CLINS D'OEIL
On a voulu un dimanche revitalisant, vivifiant. Les enfants n'étant pas là, l'organisation et la mise en action s'en trouvaient grandement simplifiées. D'abord, on s'est arrêtés à l'Estaque pour faire le plein de panisses et de chichis frégis. On s'improvisait un pique-nique à la Calogéro. face à la mer.
On s'est donc garés sur l'ancienne route, tout là-bas derrière le tunnel du Rove. Tenue de baroudeurs et sac à dos sur le dos, le top est donné devant le panneau du Conservatoire du Littoral, histoire de partir par la garrigue vers La Vesse – Niolon par le sentier des douaniers. Ce qu'y a de bien dans ce genre de balades dans la cuvette marseillaise, c'est que de suite ça monte, histoire de te mettre bien en jambes. Une fois en haut, tu t'aperçois qu'il faut descendre dans le vallon pour remonter là-bas en face ! Parce que là, y a rien d'autre à faire. Bon bé nous, on va installer le camp de base près d'un éperon rocheux abrupt et à l'aplomb de la voie ferrée de la Côte Bleue, entre deux tunnels, sur ce sommet de la première colline. On était bien, un peu risqué mais là, au moins, on était tranquille pour se sustenter chichement les jambes dans le vide, entre les senteurs d'iode, de gros marins et de thymus vulgaris.
Putain, d'un coup on entend un brouhaha de minots. On se serait cru à la récré de la maternelle à l'heure du goûter ! On a des Visiteurs ! Nous, on s'était sagement assis, on demandait rien à personne, on s'envoyait des panisses dans le buffet, et surtout on n'avait pas les nôtres de minots, tu vois ! D'un coup, on se sentait donc moins enclin à supporter ceux des autres. Mais ils étaient sortis du sentier battu et s'avançaient vers nous, avec la ferme intention de se poser pour se ravitailler aussi. Tu sais, du style "jeunes cadres d'entreprises à l'accent pointu fraichement débarqués dans la région", avec toute leur marmaille, le guide des balades familiales du coin à la main, histoire de s'engager sur le bon chemin. Ça piaillait sans discontinuer. Plein d'aventuriers de 4 ans en conquête d'espace. Normal, ils doivent avoir faim, ces morveux. Leurs guides se mettent d'accord pour se ravitailler sur place. 3 ou 4 couples avec presque autant d'enfants chacun et un tir groupé sur l'âge!
Mortecouille, ne voilà t-il pas que Valérie Lemercier, toute ébouriffée, faisait également partie de l'équipe des Visiteurs ! Arsène par-ci, Gabin par-là, elle est sous tension, avec sa faconde inaltérable et son ton monocorde, la Béa de Montmirail. Un vrai moulin qui commence à nous les briser menues.
C'est là que tu te demandes ce que t'y es venu foutre ici, putain ! Pourquoi y aurait pas pu y avoir des places au Thalacap ? On aurait été bien aussi dans la boue d'algue !
Après délibération, ils s'installèrent un peu plus bas. Ouf ! On a encore un peu de bruit de fond, mais on n'est plus dans la récré. Frédégonde doit distribuer les sandwichs. J'ai pas vu beaucoup de sacs pour tout ce peuple ! 'vont pas manger bézef les minots !
Nous, ça nous a pas empêché de s'enfiler les 2 baguettes avec le plateau de charcutaille et le bloc de grouillère. Puis, place dessert : le chichi-frégi. On a les mains qui pèguent. Rinçouille et en route bonne troupe. On n'est pas encore arrivés ! Mais souviens-toi de ce proverbe chinois : "quand tu arrives au sommet de la colline, continue de grimper". Médite un peu.
Nous nous apprêtâmes à descendre tout en bas du vallon pour remonter tout
là-haut sur la colline. Une route plane à l'air de s'y dégager, elle devrait nous amener vers le Fort de Figuerolle. On se fait doubler en pleine ascension par une joggeuse des montagnes. Elle
nous a laissés littéralement sur place !
Figuerolle, fort de son Fort, et encore un endroit où l'occupation teutonne nous laisse imaginer ce que pouvait être la vie pendant la guerre. 2 baraquements, 3
emplacements de grosse bertha. Tant c'est de là qu'ils ont dézingué le Lightning P38 parti de Borgo, celui de St-Ex. Une vue stratégique sur la baie de Marseille, face aux
îles du Frioul. Quelle était la vie, ici ? Quelle était la vie dans tous ces blockhaus tout autour de la mer ? Humilité.
Puis, au détour des contours du contrefort, un flash, une image me revient dans la gueule. Je connais cet angle. Une ciste est cachée ici ! Je cherche au pied du mur à la recherche d'un indice de reconnaissance, et ça manque pas. Je soulève 3 caillasses et met au jour une ex-boîte de stéroïdes en plastique contenant un trésor. Je fais rapidement l'échange avec ce que j'ai sous la main, tiens une cartouche. Comme j'avais pas prévu, j'ai rien pris. Et je redépose la boîte de stimulants à sa place originelle. Encore une autre ciste découverte alors que je ne la cherchais pas !
Après avoir apprécié ce lieu, on décide de se remettre en retour, voire de rebrousser chemin. C'est-à-dire un peu de plat, une grande descente, une méchante montée, et la descente olympique vers le carrosse. A peine partis, on recroise la joggeuse ! Elle a cavalé pendant 2 plombes dans la colline, comme Manon ! Putain, elle est affutée la gazelle ! On n'a pas revu les Visiteurs ! Un peu trop ardu pour des enfants. C'était le style de cons à qui rien n'arrive et qui montent au Mont Blanc en tongs, ça !!
On s'est pris un bon coup de soleil plein badin, on a empli les poumons de bon air, et rempli le sac de gros marins et de thym pour la tisane salvatrice.
Bon, je porte pas de tocante, c'est vrai, mais avec toutes les horloges, réveils, coucous et pendules que nous avons à la maison, avancer ou reculer les aiguilles fait partie du rituel bi-annuel ! Ça fait 30 ans qu'on se les tourne toujours pareil, et on sait jamais si on les avance ou si on les recule. Je dis on parce que toi aussi t'y en sais rien non plus. Heureusement, moi, j'ai un pense bête. J'ai encore un magnétoscope qui différencie l'heure d'été de l'heure d'hiver. Alors, je vais le voir, je tripote un peu son menu "heure", vire sur "heure d'hiver", et je regarde sa vive réaction. Sinon, y a une autre méthode qui va envoyer mon magnétoscope prendre une heureuse retraite bien méritée. C'est un moyen mamo-technique : octobre ça fini par RE et avril ça démarre par AV. RE pour recule, AV pour avance. Avec ça, on a tout dit. Je peux partir tranquille faire le tour des réajustements de la maisonnée : micro-ondes, four, horloge cuisine, réveil sdb, mobiles, réveil chambre, montre-réveil chambre, chaînes hi-fi chambres, pendules chambres, cardiotraining, compteur VTT, voiture … tamagoshi partout ! Le reste, c'est calé sur l'horlogerie automatisée ou l'informatique. En fait, y'a qu'aux cagoinces où y a pas encore de breloque ! Généralement, tu sais quand tu rentres, et encore mieux quand tu dois sortir !
Mais savais-tu qu'au Sénat (pas Ayrton ! le dortoir à députés
bon pour services politiques rendus), au Sénat on a donc quelques grabataires qui se paluchent la cervelle sur le fait d'en finir ou pas avec l'heure d'été ! Quand tu sais de combien est
l'indemnité parlementaire d'un sénateur, tu te demandes si ils ont pas d'autres sujets plus importants à s'entrechoquer fondamentalement les neurones actives qu'ils leur restent. Un sénateur
c'est 6952,91 € par mois + 6278 € de frais remboursés quoi qu'il en soit et sans justificatif + 1330 € de subvention politique + des dizaines de dizaines d'autres réels avantages, encore plus
avantageux, de tous ordres. Mais c'est un politique, et les politiques qui les élient ?
De quoi couper les nouilles au sécateur !! Tu votes, toi ?
Mais, ne nous éloignons pas des prémices de notre nano phénomène ! Parce qu'en fait, tout ça, c'est à cause d'un british en kilt. Un scottish, quoi.
Nous, on avait notre heure bien française qui faisait de mal à personne, avec pour repère : le méridien de Paris, à l'accent pointu. Et lui, l'écossais (il avait un nom de paratonnerre, t'sais !), il a rien trouvé de mieux que de se caler sur le London-Greenwich pour homogénéiser les transports ferroviaires canadiens (en plus ! Comme si nous on réfléchissait aux trains québécois à l'époque ?). Eh ben, lui, il a segmenté la surface de la Terre en 24 tranches de longitudes identiques. Un peu comme quand ta maman t'épluchait une orange quand tu étais petit. Puis d'un coup, il a fallu qu'on se cale sur le méridien de Greenwich, con ! Dès lors, ils ont officiellement instauré les fuseaux horaires ! C'est là que ça a commencé. On y a perdu quelques heures. Notre méridien de Paris et ses marques ne servaient plus à rien, sinon à être visités. C'est encore grâce à lui qu'on a défini l'exacte longueur du mètre (pour ta gouverne : la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre. Parce qu'on n'a pas pris ça au hasard, qu'est-ce que tu crois !) et c'est La France, voui, qui l'a inventée et officialisée et étalonné, le mètre ! (et le british, y nous l'a mis). En tout cas, il se visite toujours (le mètre). D'ailleurs, si un jour tu te balades à Paris, va mirer l'heure de la Capitale au parc Montsouris, elle est classée !
En 1916, pour rattraper le décalage de la sorcière verte (Greenwich oh, ça va, hein !), on est passé pour la première fois à l'heure d'été, eh ben, depuis, on n'a toujours pas vu arriver son penchant d'heure d'hiver à celle-là ! Puis, on a remis le couvert sous Giscard (rappelle-toi, c'est lui qui avait ralenti "La Marseillaise" parce qu'il arrivait pas à la jouer à l'accordéon ! C'était un Président de notre République). En tous cas, on n'avait toujours pas ramené l'heure d'été de 1916, en heure d'hiver, qu'on a accentué encore une fois le compteur "heure d'été" ! C'est l'UTC+2 (Universal Time Coordinated ) et non GMT+2 que l'on utilise à tort.
Maintenant l'heure d'été et l'heure d'hiver sont fixées par une directive du Parlement Européen. Elles sont verrouillées pour l'uniformité de l'Europe !
- Mais en fait, quelle heure est-il ? Car c'est ça le plus important, non ?
- La réponse, tu la veux à l'heure solaire ou à l'heure méridienne ?
De toutes manières, toi, ça t'intéresse qu'il fasse jour plus tard, non ? Avoue. Je le savais. Tout le monde le savait. Toi, c'est l'heure d'hiver que t'y attends, mais celle-là on en reparlera quand l'Ordonnance Européenne nous y autorisera.
Plus sérieusement, selon l'Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (l'ADEME – t'en as entendu parler, au moins ?), "l'estimation des économies d'électricité s'élèverait à 1,3 milliard de KWh, soit 4% des consommations d'éclairage en France". On estime encore à +/- 250 000 tonnes d'équivalent pétrole, les économies d'énergie annuelles résultant de la mise en œuvre du régime au changement d'heure dans notre pays. On n'a presque plus de pétrole, mais on a toujours des idées. Bon, maintenant tu pourras répondre à ceux qui disent que ça sert à rien ce changement d'heure !
Donc, à l'heure où tous devons faire de sérieux efforts pour sauvegarder notre belle planète, posons-nous la question 2 fois par an pour savoir si on avance ou si on recule ?
Comment veux-tu que je te règle la pendule ?
"Les sanglots longs des violons de l'automne,
Blessent mon cœur d'une langueur monotone.
Tout suffocant et blême,
Je m'en souviens quand même".
Tout le monde a appris cette récitation à l'école ?
Eh bien, vas-y récite, toi !
Dans notre pur calendrier républicain révolutionnaire, l'automne était la première des saisons. Tu sais, les vendémiaire, brumaire, frimaire, avanléspordivaire.
Les feuilles des arbres tournent au roux, les châtaignes sortent de leurs bogues, les champignons poussent aux pieds des chênes, mais l'inconvénient majeur c'est qu'y recommence à pleuvoir ! On sort d'un intermède de 3 mois et voilà que le parapluie va revenir se greffer à notre paluche, dès qu'on ira dehors. D'un autre coté, si tu veux des champignons, faut qu'y pleuve un peu quand même, non ?
Mais pas trop, hein !
Comme la vue, les jours baissent. Enfin, ils ont déjà bien commencé, hein ! On dirait que ça les démange d'arriver à l'heure d'hiver, qu'ils ont déjà pris leurs marques. Puis c'est le froid qui va venir se rappeler à toi, pasque l'automne ça va jusqu'au bout de décembre !
Au Canada, c'est leur plus belle des saisons. Pour nous itou. Propice aux randonnées. Pas trop chaud, pas encore froid, on est bien !
On prend à pleines narines les senteurs marines, on reçoit en pleine figure les odeurs de la nature. La terre humide, les feuilles sèches, la garrigue qui sort de son hibernation estivale avant
de se figer.
C'est ça, l'été indien !
Fragonard s'est senti de faire un sent-bon. Verlaine, Apollinaire, Lamartine ont écrit ce qu'ils n'arrivaient pas à dire. Vivaldi l'a notée aussi, celle-là et Arcimboldo a confectionné un tableau avec les fruits qu'y pouvait plus manger, et vouai, tu l'as déjà vu, un mec de profil gauche. La Poste l'a timbré à l'envers, sur son profil droit !!!
Des pommes, des poires et des courges. Des colchiques dans les près aussi, puis des chrysanthèmes. Si t'y as un verger, tu peux tailler tes arbres, c'est le moment. Si t'y en as pas, tant pis pour toi. Laisse les autres s'emmerder à le faire !
Et les vendanges, tu sais ce que sais, toi ? Tu passes des journées de 10 heures à quatre pattes dans la terre des vignes, souvent boueuses, à te cacher derrière les grappes de raisin. Le soir, t'y es épuisé, d'avoir bouffer du raisin, que tu te douches, t'y avales ta soupe avec un quignon de pain sec, un bout de fromage rance, un canon de l'exédente cuvée précédente, et hop, comme c'est diurétique, tu vas un peu occuper l'âtre émaillé, puis éreinté tu vas au pieu. Le lendemain, tout content, tu te relèves pour recouper du raisin ... Tu te rééégales. Tu t'en souviens toute ta vie de cette ambiance vinicole.
Puis t'y as les minots qui vont commencer à te dresser discrètement leurs idées pour Noël. Comme si on les voyait pas venir, avec leurs bottes !
Je te les donne, c'est mon jour de grâce. Comme toujours, tu pourras les replacer discrétos dans des
discussions qui n'ont rien à voir :
- la devise "liberté, égalité, fraternité",
- le drapé tricolore,
- l'hymne,
- Marie-Anne (en ces temps là, la contraction n'était pas encore de mise) et son benêt frigide,
- le sceau,
- et, le coq.
C'est ENCORE les soldes.
ENCORE ?
Vouai, mais là, c'est pour dégager les stocks des frusques d'été. Tu remarqueras que l'été y vient à peine de commencer, hein ! Que c'est maintenant qu'ils les vendent les débardeurs, pantacourts, sandales et autres chapeaux. Et bien, pour le plus grand bonheur de notre porte-monnaie, la donne a encore changé. Maintenant il y a les soldes d'hiver au milieu de l'hiver, les soldes d'été en tout début d'été, + 2 semaines joker que le marchand peut utiliser à son bon vouloir n'importe quand dans l'année. Bon, maintenant sur internet, t'y en as toute l'année des soldes. Alors d'été ou d'hiver, on sent bien l'exercice de déstockage des commerçants physiques, mais joker ça sert à déstocker quoi ? On va pas philosopher sur les soldes à proprement parler, mais à part savoir exactement ce qu'on veut, on aime bien voir, fouiller, toucher, sentir, payer.
Y a un truc que je saisis pas bien : Si toi tu avais une boutique, oui toi, les affaires d'été, tu commencerais quand à les vendre un peu moins chères quand, fin juin ?
Non, en septembre comme moi ! Ah, tu me rassures. Mais alors qu'est-ce y nous emboucanes avec les soldes d'été à peine après la fin du printemps ?
Moi, j'ai besoin de rien. De toute façon j'ai plus de ronds. Je me suis tellement fait plumer sur l'internet avec les ventes privées exprès pour moi et 60 millions d'autres couillons privilégiés !
Bon. On sait jamais. Une bonne affaire, une opportunité, je réfléchirais peut-être. Mais une trrès bonne affaire, alors. Sinon R-I-E-N, hein ! D'ailleurs, ça se banalise. Y a moins de demeurés qui dorment depuis la veille au soir devant le rideau des boutiques visées pour être les premiers à chopper les bonnes affaires immanquables.
On est trop sollicités et la plupart du temps pour pas grand chose. Y en a de partout des pubs commerciales. Sur la mess@gerie, tu
reçois 30 merdes publicitaires par jour, spam ou pas spam. Dans la boite-aux-lettres, le facteur y peut plus te mettre le courrier timbré, tellement elle est bourrée d'offres avantageuses. À la
radio tu peux plus rien écouté sans la coupure publicitaire, même France Inter s'y est mis. À la télé n'en parlons pas, cette putain de réclame te fais durer les émissions 2 fois plus longtemps,
maintenant, ils ont droit à 2 coupures pub ! Y a qu'au cinéma où t'y es content d'avoir les pubs, parce que ça rallonge ton crédit temps dans la salle froidement climatisée, et en plus tu
peux te manger un pivolo, un chocolat glacé, un polo, un mégagnum aux écailles de pépites de vrais morceaux des amandes sur le chocolat froid aux 3 chocolats. Une bonne glace, quoi ! Mais ça
c'est jamais en solde ! Même quand ça fond, c'est plein pot !
Allez, fais de bonnes affaires ...
Mais non pas le film ! Le jour le plus long, c'est aussi la nuit la plus courte, non ?
Normal, t'as vu à quelle heure tu te couches ? C'est bien beau d'aller à la fête de la musique ! Faut te climatiser un peu le neurone, là-haut ! C'est aussi et surtout le jour de
l'été.
¯Voilà l'été, voilà l'été, voilà l'été, hé hé ... tout le monde a entendu au moins une fois dans sa courte
existence cette chanson des "Négresses Vertes"... La saison d'Antonio Vivaldi¯
... Après, qu'il soit en pente douce ou meurtrier,
¯l'été s'ra chaud, l'été s'ra chaud, dans les tee-shirts dans les maillots ... celle là, est tellement plus
rustique, que seuls les moins de trente ans ne peuvent pas (re)connaître, puisque depuis que Stone roule seule, et il cultive les chardons !
¯ je te parle même pas de Donna Summer, ni de summer time, à cause que tu parles pas bien
l'anglais, mais ça transpire pas mal.
En tous cas, c'est aujourd'hui que le soleil a choisi, pour atteindre sa position la plus méridionale par rapport au plan de l'équateur céleste. A une époque où l'on vivait avec les saisons, il
n'est pas surprenant que les anciens aient donc voulu célébrer ce jour de l'année bien particulier. Le solstice (de "sol stare" pour l'arrêt du soleil) d'été, c'est le jour de l'année où
le soleil se trouve se trouve en concert au zénith et où il est visible le plus longtemps, dans notre hémisphère en tous cas. Ce solstice dans les prés, fleurisse, fleurisse ... ce solstice d'été
est fêté en allumant de grands feux. Et comme c'est le moment où la Terre, la Lune et le Soleil se croisent, on les a appelé les feux de croisements (!) Euh, non ! C'est parce qu'un
jour, une embarcation d'envahisseurs en provenance de Sardaigne, "la sarde hina" qui devait venir prendre d'assaut le Port de Marseille, à pris feu à l'entrée du Vieux Port devant le Fort
Saint-Jean. Il n'en fallait pas plus pour faire naître les feux de la Saint-Jean, dans la redoutable et invincible cité phocéenne. Le feu est de tous temps, le symbole purificateur du soleil. Le
rite du feu de joie a été christianisé au Ve siècle. On y a associé le cousin de Jésus, celui qui avait perdu ses pantoufles, celui qui a reconnu en lui le Messie, mais non ! Mais si : Saint-Jean
bat Tiste 3 à 0 ... c'était en plain est qui noxe rien, n'a rien. Sans rentrer dans la polémique de l'arbitrage maison, Saint Jean-Baptiste est avec le petit Jésus et Marie la Vierge, un des
rares élus dont on fête la naissance. Mais qui a voté pour eux ?
Ceci dit, moi j'en connais un qui chaque année, rajoute une bougie ! Hein, Jack Lang ! C'est lui qui nous a inventé la fête de la musique. Ça existait pas avant ! Et maintenant, tous les bourrins
Européens, nous l'on copiée. Quelle idée il a eu là, ce Jack ! Quand tu penses qu'au cercle polaire, la fête est tellement énOrme, que le soleil ne se couche pas pendant plusieurs jours !
C'est aussi là que les étudiants vont bien souvent prendre la première mesure de ce qui les attendra plus tard : le job d'été. Pendant que d'autres se font rôtir sur les plages. On se met en
vacances de l'école, et là, y a le premier combat : les juilletistes contre les aoûtiens, arbitrés par quelques septimbrés. Y'a les parents qui z'ont choisi leur meilleure période et remplissent
la bagnole puis avalent des kilomètres de routes et d'autoroutes dans une torpeur moite, pour se retrouver "Au Camping du Bord de Mer" avec tous les Amis qui y reviennent depuis vingt ans. L'été,
y fait chaud, on transpire, y fait même très chaud, on transpire même beaucoup, on mange des glaces, des yétis, on se met du Piz Buin écran total, on cherche l'ombre, on est en tongs, on boit du
rosé, on dit des conneries, on mange des grillades, on joue aux boules, on écoute les cigales, ..., et à la nuit tombée, elles laissent place aux grillons, alors on lève la tête à la recherche
d'une étoile filante, on fait vite un vœu et on se fait bouffer par les moustiques.
Cette nuit vaut bien un songe !